L’extension du Coronavirus a provoqué un coup de tabac sur les places boursières. Le mouvement de démondialisation sur la circulation des personnes est brutal. Une (légère) démondialisation sur les marchandises est en cours depuis cinq ans. Sera-t-elle amplifiée ?

Le coronavirus et la place boursière (Tokyo)
Le coronavirus et la place boursière (Tokyo) © AFP / Philip FONG

Les Bourses  ont plongé lundi de 3 à 5% - 4% pour Paris hier, et encore de 3% pour Tokyo ce matin.

Le premier réflexe est de se dire que cela n’a ni intérêt ni importance, parce qu’après tout l’essentiel, c’est l’état de santé des Chinois, des Européens et des autres, et qu’après tout aussi les Bourses étaient à un très haut niveau. Qu’elles se fassent des frayeurs ne concernent qu’un tout petit monde. C’est le premier réflexe, et il est logique. 

Mais il est partiellement erroné. 

Le coup de tabac dit quelque chose, et ce quelque chose, c’est que l’économie réelle, nos vies, vont peut-être être atteintes. Jusqu’à ce week-end, c’est le scénario type SRAS (l’épidémie de 2003) qui dominait : une épidémie en Chine, pas plus. Cette fois-ci, la Chine n’est pas une île et l’épidémie s’étend. Jusqu’à maintenant, le paysage était celui d’une économie mondiale relativement solide : des taux d’intérêt bas, un Brexit pas si catastrophique que cela, une guerre commerciale Etats-Unis/Chine en mode pause et une Allemagne prête à repartir. 

Eh bien, changement de paysage : avec la crise sanitaire qui sort d’Asie, le nombre de secteurs impactés s’allonge : transport aérien,  croisiéristes, secteur pétrolier, tourisme, industrie automobile, pharmacie, tech etc. Il est tentant de voir là un cygne noir, cygne c-y-g-n-e, précurseur et annonciateur de mauvaises nouvelles. 

Et c’est le cas ? 

A court terme, on l’a déjà dit, il y a une course de vitesse entre une démondialisation de force, là tout de suite, la démondialisation brutale et temporaire de la circulation des personnes, et par ailleurs une mondialisation nécessaire de la recherche d’un traitement contre le coronavirus. 

Au-delà du court terme maintenant, il y a deux questions. 

  • Un : ce coronavirus peut-il être le point d'inflexion sérieux des marchés boursiers qui ont beaucoup monté (trop) ? C'est possible. 
  • Seconde question : cette crise va-t-elle accompagner un changement dans la mondialisation ? Donald Trump et le Brexit sont des marqueurs d'un tournant d’époque, celle de la mondialisation et du multilatéralisme triomphants. Même si Donald Trump perdait en novembre, il n’y aurait pas de retour en arrière. 

La pente est clairement celle d’un relèvement des frontières et de certaines relocalisations d’activités. Voilà, et encore une fois, tous les auditeurs qui attendaient ce matin un conseil boursier, faut-il vendre ou pas vendre ce matin à 9 heures, ces auditeurs en sont pour leur frais. Désolé.

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