Il y a du neuf sur le marché des assurances automobiles. Oui, on va être loin des retraites, de la double casquette baroque d’Henri Proglio ou du bras de fer entre Barack Obama et les banques américaines. Je vais évoquer la consommation ou, plutôt, les consommateurs, qui ont de plus en plus d’armes entre leurs mains pour essayer d’améliorer leur pouvoir d’achat – s’ils les utilisent correctement. Le moyen qui se développe le plus en ce moment, ce sont les comparateurs de prix sur Internet. Il en existe, et depuis longtemps, de très connus : par exemple sur les billets d’avion, çà marche très bien - vous les utilisez peut-être aussi Nicolas pour faire des économies ? Mais les possibilités s’élargissent chaque jour, y compris dans le secteur public. Dès 2006, le ministère de l’économie a ainsi lancé un site pour comparer les prix de l’essence partout. Depuis, le site s’est un peu relâché, mais il existe. Et les sites officiels se multiplient. Il y a deux mois, s’est ouvert un comparateur qui analyse les offres des fournisseurs d’électricité et de gaz pour s’y retrouver dans la jungle des tarifs. Vous savez que près de six Français sur dix ne savent toujours pas qu'ils peuvent quitter Gaz de France ou EDF. Et voilà qu’un nouveau secteur va être bousculé... … qui va être bousculé par cette vague : les assurances. Alors que les Français conservent la même compagnie d’assurance automobile pendant longtemps, par flemme, par habitude, un grand comparateur débarque en France ces jours-ci et lance un site qui pourrait bien faire bouger pas mal de positions acquises. Il s’agit du numéro un des comparateurs en Grande-Bretagne, Confused.com, dont le site français s’appelle LeLynx.com. Je ne vais pas faire la publicité de ce site, mais simplement dire qu’il pourrait bien changer la donne puisque, de l’autre côté de la Manche, un contrat d’assurance auto sur deux est désormais souscrit par le biais des comparateurs. En France, on en est encore très loin, même s’il existe plusieurs sites comme Assurland. Pourquoi ce type de service peut-il changer la donne ? Parce que l’influence de ces sites progresse très vite. Celui dont je parlais à l’instant est à l’origine d’au moins un million de contrats d’assurance auto par an en Grande-Bretagne. Ce qui est intéressant, c’est bien sûr que la comparaison permet de baisser les prix, de simplifier les offres, et qu’elle force les compagnies d’assurance à jouer le jeu si elles ne veulent pas tout simplement être hors-jeu. En France, où le système des assurances est relativement compliqué – donc parfois opaque - on peut s’attendre à un effet. Mais ce système des comparateurs a aussi des limites ? La première porte sur la pertinence des avis rendus, autrement dit sur l’exhaustivité de la comparaison. Les comparateurs ne comparent que ceux qui acceptent d’être comparés. La seconde porte sur l’impartialité des avis. LeLynx.fr fait partie de la galaxie de l’assureur automobile Admiral. En France, Assurland est détenu à 90% par le groupe MMA-Maaf-GMF. Donc, c’est clairement l’avenir mais il faut être vigilant. Quelle prochaine étape pour les comparateurs ? Bruxelles s’intéresse de près aux tarifs bancaires.

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