Vous avez lu, vous aussi, le livre de Nicolas Sarkozy qui sort aujourd'hui en librairie.

Oui, et on ne reviendra pas sur ses mea culpa, que vous avez brillamment résumés vendredi, Patrick. On va évoquer les propositions du futur candidat. Car à trois cents jours de la primaire de la droite, on connaît désormais son projet économique. Et sur ce sujet, il y a deux types de promesse et deux inconnues. D'abord, Nicolas Sarkozy promet un contre-choc fiscal applicable dès l'été 2017, avec une baisse de l'impôt sur le revenu de 10 % pour la grande majorité des Français ainsi qu'une diminution des cotisations salariales, pour augmenter le salaire net. Pour les plus aisés, il envisage la suppression de l'ISF -comme Juppé et Fillon. Est citée aussi une hausse de 20 % du salaire de tous les enseignants. Voilà. Maintenant, regardons du côté des efforts. Puisqu'on parle des profs, Nicolas Sarkozy leur demanderait d'augmenter d'un quart leur temps de présence dans l'établissement. Le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite serait réinstallé et étendu aux collectivités locales ; l'âge de la retraite serait porté à 63 ans puis 64 ans ; la dégressivité des allocations-chômage redeviendrait la règle et il y aurait le déremboursement de quelques médicaments. Voilà le projet.

Mais, vous l'avez dit… Il y a aussi des inconnues.

La première, technique et je le reconnais sans doute rasoir, est qu'il y a zéro indication sur la stratégie de finances publiques. Un contre-choc fiscal immédiat et des économies de dépenses publiques étalées (100 milliards), cela veut dire -mais ça n'est pas dit- qu'il envisage un creusement des déficits publics au départ. En somme une politique de relance qui envoie balader les contraintes européennes (comme en 2007). La deuxième inconnue porte sur, au fond, la ligne directrice du projet économique, ce que l'on est censé retenir. En 2007, c'était le travailler plus pour gagner plus ; en 2012, Hollande a gagné des points avec son mon ennemi c'est la finance. Avec ce livre, Nicolas Sarkozy cherche à montrer que sa personnalité (celle qui pose problème) a mûri, il lui reste à trouver non pas une formule mais un projet de société.

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