Les créations d’entreprise retrouvent en France des niveaux record.

Oui, c’est un signe de plus, après le bon chiffre sur les embauches à la fin 2016 publié lundi, que l’économie frémit positivement et qu’il y un dynamisme entrepreneurial. Hier, l’Insee a indiqué que 554.000 entreprises ont été créées l’année dernière en France, le niveau le plus élevé depuis six ans. Ce chiffre est intéressant parce que si on le regarde dans le détail, on voit que ce ne sont pas les micro-entreprises -celles que l’on appelait autrefois les auto-entrepreneurs- (ce ne sont pas elles) qui portent le mouvement. Cela veut dire, et tant mieux, que le mouvement est plus solide. Autre élément important : le boom faramineux des créations d’activités dans les transports. Il y a la livraison à domicile : c’est logique, c’est le dernier kilomètre de l’achat par Internet. Et il y a les activités de taxi et de VTC, en clair Uber et tous ses concurrents. Plus de 13.000 créations rien qu’en 2016, plus que toutes les années précédentes.

Ces éléments ont quelque chose à voir avec le débat économique de la primaire socialiste…

Un des clivages entre Manuel Valls et Benoît Hamon porte sur le rôle de la croissance dans l’économie de demain. L’économie est-elle malthusienne ou schumpétérienne ? Jusqu’à maintenant, à gauche, le débat opposait les partisans du soutien à l’offre (les entreprises) et à la demande (pouvoir d’achat et investissement public). Il opposait ceux qui croient à la régulation par le contrat ou par la loi. Cette fois, Hamon nous dit que la croissance est à bout de souffle, que le numérique va détruire les emplois, et donc qu’il est urgent de partager, le travail et les revenus. C’est malthusien. Manuel Valls pense qu’il y a encore des richesses à créer, des activités disparaissent, mais d’autres apparaissent. C’est la destruction créatrice de l’économiste Schumpeter. A chaque révolution industrielle, on se dit que ce ne sera pas comme la fois précédente, que les emplois détruits seront plus nombreux que les créés. On n’en sait rien. Mais quand on regarde les données de l’Insee ou les emplois que créent les robots industriels, on se dit que tout espoir n’est pas perdu. On notera que les pays où il y a le plus de robots sont aussi ceux où il y a le moins de chômage.

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