Cette semaine, il y a beaucoup de sujets de discussion nécessaires entre l’Europe et les labos pharmaceutiques. Le gouvernement français, comme tous les autres, cherche les moyens de desserrer les contraintes pour augmenter les doses de vaccins disponibles.

Production de vaccins anti-COVID
Production de vaccins anti-COVID © Getty / Andriy Onufriyenko

Le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a mis en cause, hier soir, l’industrie pharmaceutique qui aurait promis plus de production et de livraisons de vaccins qu’elle ne peut tenir. 

Est-ce vrai ? Oui. Les retards annoncés récemment par Pfizer et d’AstraZeneca lui donnent raison sur le premier trimestre. Légitimement, gouvernements et opinion sont mécontents et frustrés. 

Mais pourquoi ces retards ? C’est que l’industrie n’est jamais allée aussi vite : tous les délais ont été raccourcis. Et on a demandé à l’industrie de faire cela. Pensons-y : produire des vaccins est infiniment plus complexe que fabriquer des taille-crayons et c’est la première fois qu’on fabrique de l’ARN à une telle échelle. 

Partout, les murs sont poussés, les ouvriers, chimistes et logisticiens travaillent presque 24 heures sur 24.

Alors, comment desserrer les contraintes ? 

A 15 heures, Emmanuel Macron évoquera ces sujets avec les dirigeants de la pharmacie mondiale, qu’il rencontrera en visio. Cinq idées sont sur la table européenne et donc aussi française. 

  • Un : une discussion serrée a lieu avec Pfizer pour augmenter -dès maintenant- le nombre de flacons de doses à livrer, ce serait la sortie gagnante du changement de pied sur le nombre de doses par flacon. 
  • 2 : les autorités sanitaires ont constaté (avec l’expérience) qu’il y a seulement 10% de perte de vaccin dans tous les circuits et non 30% comme craint initialement. 
  • 3 : Sanofi devrait mettre ses usines au service de la dernière étape de la fabrication (le flaconnage – le fill and finish en anglais), du vaccin de Pfizer et/ou du vaccin Janssen. 
  • 4 : le vaccin AstraZeneca pourrait finalement être dirigé aussi vers les plus de 65 ans. Bonne nouvelle.
  • 5, enfin : les recherches sont déjà engagées pour adapter les vaccins aux variants.

Est-ce que cela va changer assez la donne ?

Cela va se décoincer au fur et à mesure, mais il est certain, c’est inévitable, qu’il y aura d’autres grains de sable. Jean-François Delfraissy anticipe au mieux 8 millions de Français vaccinés fin avril alors qu’Olivier Véran a parlé de ... 20 millions. C’est un sacré écart ! 

Au total, ce qui est sûr est que l’industrie pharmaceutique livre plus vite aux Etats-Unis (40 millions de doses ce matin) que dans l’Union européenne (autour de 12 millions – chiffre estimé parce que Bruxelles ne nous le dira qu’aujourd’hui). 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter