Les négociations sur les tarifs médicaux entre l’assurance-maladie et les syndicats jouent les prolongations cette semaine. Pourquoi cet accord s'avère-t-il si compliqué à signer ?

Le prix de la consultation pourrait passer à 25€ mais surtout être fixé en fonction en de la nature de l'acte médical.
Le prix de la consultation pourrait passer à 25€ mais surtout être fixé en fonction en de la nature de l'acte médical. © Maxppp / Alexandre Marchi

Les négociations sur les tarifs médicaux entre l’assurance-maladie et les syndicats jouent les prolongations cette semaine. Une enveloppe d'un milliard d’euros est désormais sur la table. Comment expliquer qu'on n'arrive toujours pas à un accord?

On en est même précisément à 1,25 milliard d'euros, car l'assurance-maladie a fait de nouvelles concessions en fin de semaine dernière. Si l'on fait un rapide calcul, pour les 115.000 médecins concernés, cela représente en moyenne 11.000 euros de plus par an. Ce n'est pas rien, surtout quand on connait les difficultés financières de la Sécurité sociale. Alors pourquoi les syndicats continuent le bras de fer? D'abord, on n’est pas si loin d'un accord. Plusieurs syndicats ont fait savoir discrètement à l'Elysée qu'ils pourraient signer si certaines de leurs ultimes revendications étaient prises en compte cette semaine. Ensuite, la négociation est difficile parce que le paysage syndical est très éclaté, et que les organisations les plus radicales ont le vent en poupe. Donc tout le monde a mis la barre très haut et maintenant chacun regarde ce que l'autre va faire avant de se lancer. Enfin, il y a la tentation chez certains de faire monter les enchères au maximum, en misant, en cas d'échec, sur l’alternance en 2017.

Si un accord est trouvé, qu’est-ce que cela va changer pour les patients ? En réalité, pas grand-chose. La mesure phare, c’est l’augmentation du tarif de la consultation, de 23 à 25 euros. Pour les 95% de patients qui sont couverts par une mutuelle, ça ne changera rien, le prix de la consultation étant entièrement remboursé. La mesure est en revanche très coûteuse, plus de 500 millions. Mais l’assurance-maladie n’avait guère le choix : les syndicats refusaient de discuter de tout autre sujet tant que cette revalorisation ne serait pas acquise. Evidemment, il y avait moins d’argent disponible ensuite pour des mesures plus structurantes. Et c’est bien dommage.

Il est tout de même prévu des tarifs différenciés selon les consultations… Ce serait une avancée importante. Pourquoi payer au même tarif une consultation de cinq minutes pour un petit rhume et une autre qui dure une demi-heure ? Le projet d’accord prévoit quatre niveaux, avec par exemple une consultation à 30 euros pour les enfants de moins de six ans, et même un tarif à 60 euros pour les actes très importants, par exemple l’annonce d’un cancer. Une aide est aussi envisagée pour les médecins se dotant d’un secrétariat, afin qu’ils consacrent moins de temps à la paperasse. Mais pour tout cela, il faut signer l’accord. Espérons que la nouvelle réunion, prévue ce mercredi, sera la dernière.

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