Le TGV regagne des clients depuis le début de l’année. D'où vient cette embellie?

Le TGV, on sait tous que les billets coûtent cher, on sait moins que les rails sur lesquels il roule le sont encore plus
Le TGV, on sait tous que les billets coûtent cher, on sait moins que les rails sur lesquels il roule le sont encore plus © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

On peut même parler d’un printemps de la grande vitesse ferroviaire, qui fait du bien après des années hivernales. Sur les six premiers mois 2017, le trafic intérieur du TGV a progressé de 8,4%, d’après des chiffres que la SNCF va annoncer vendredi mais que révèle aujourd’hui mon confrère Lionel Steinmann (a retrouver ici). Trois raisons principales de cette reprise : d’abord, la SNCF a lancé fin janvier son forfait TGVmax réservé aux moins de 26 ans. Gros succès malgré quelques couacs : ça fait plus de 10.000 voyages par jour. Ensuite, la comparaison se fait par rapport au premier semestre 2016, qui avait été marqué par de nombreuses grèves. Enfin, la SNCF a multiplié les rabais en dehors des heures de pointe pour mieux remplir ses rames, et ça marche très bien.

La grande vitesse est donc sur de bons rails ?

Ce n’est hélas pas si simple. Car la SNCF doit payer des péages très élevés pour rouler sur les lignes à grande vitesse. La facture dépasse 2 milliards d’euros par an, soit 40% des recettes du TGV. Le fret routier ou les cars Macron partiraient immédiatement dans le décor si les sociétés d’autoroute leur infligeaient un tel fardeau. Mais ces lignes TGV, il a bien fallu les construire, et ça a coûté très cher. Le gestionnaire des voies ferrées qui s’appelle SNCF Réseau, à ne pas confondre avec l’exploitant des TGV SNCF Mobilités, croule sous une dette de 44 milliards d’euros. D’où ces énormes péages qui ont mangé la moitié de la marge du TGV en quelques années. Le transporteur ferroviaire manque donc d’argent pour acheter de nouveaux trains. En conséquence, il s’efforce de limiter les trains sur les lignes les plus déficitaires, ce qui provoque évidemment des hurlements chez les élus locaux.

Comment retrouver une forme d'équilibre ?

Chacun doit y mettre du sien et ça ne sera pas facile. Il y a bien un chemin qui serait possible, et que certains ont en tête. La SNCF continuerait ses efforts. En quatre ans, elle a déjà économisé plus de 10% sur les dépenses TGV hors péage ; elle devra aller plus loin. Ça va être chaud avec les cheminots. Et en même temps, il faudra baisser les péages, et donc alléger la dette de SNCF Réseau. Ce qui signifie que l’État devra en récupérer une partie, et donc alourdirait sa propre dette. Ça va être chaud à Bercy. On le voit : ce scénario peut coincer de partout. Mais pour les Français comme pour l’image de la France, il serait absurde que le TGV connaisse le même sort qu’un autre bolide qui fit la fierté du pays : le Concorde.

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