Le patron de PSA, Carlos Tavares, se félicite dans Les Echos d’avoir racheté Opel. La marque allemande est redevenue bénéficiaire. C’est une bonne surprise ?

Un miracle, même, nous dit le journaliste Julien Dupont-Calbo. Le constructeur français a acheté Opel il y a juste un an, et lancé son plan de redressement il y a huit mois. L’objectif était de 2% de marge opérationnelle en 2020. Or le compteur affiche déjà 5% à la mi-2018. Tavares a mis les gaz et a presque remboursé son acquisition.  

C’est d’autant plus spectaculaire que General Motors n’avait pas réussi à tirer un dollar de sa filiale allemande depuis le début du siècle. Le boss de PSA aurait-il une recette secrète ? La réponse est terriblement ennuyeuse : « réduire les coûts fixes, les coûts variables, et améliorer les prix de vente », explique Tavares, qui ajoute aussi, histoire de bien recadrer les poètes, qu’il « ne s’agit pas d’un plan philosophique à 30 ans ». Lui, il préfère piloter en surveillant tous les jours un tableur Excel de 1.000 lignes. Normal, pour le patron qui se vante d'être un « psychopathe de la performance » – ça file les chocottes. Il a déroulé sa méthode pour Opel, comme il l’a fait auparavant chez PSA. Avec succès.

Ce redressement d’Opel, une étape importante pour PSA

Tavares avait encore des choses à prouver après avoir quitté Renault pour devenir le patron dans la maison d’en face. La première étape a été le sauvetage de PSA. Rappelez-vous, il a fallu qu’un investisseur chinois et l’État français montent au capital pour sauver le groupe, il y a quatre ans. Les voitures ne se vendaient plus, trop de milieu de gamme alors que les acheteurs voulaient soit du luxe, soit du low cost. 

Le cauchemar est presque oublié. D’abord, l’économie est repartie, les gens achètent de tout. Ensuite, PSA est monté en gamme. Les marchés s’esbaudissent devant une marge opérationnelle à l’allemande : 8,5%, du jamais vu. D’où la deuxième étape : l’expansion. Après avoir avalé Opel, PSA construit 4 millions de véhicules par an, au lieu de 3 millions. Cette première brique montre qu’on peut bâtir encore plus grand.  Est-ce l’étape mégalo ? Tavares s’en défend. L’objectif, ce n’est pas de grossir, c’est de moins dépendre du marché européen. Il ne faudrait pas s’empâter et s’assoupir, à l’heure des voitures volantes, électriques, autonomes, et autres fantasmagories.

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