C’est la fête aux glaciers ainsi que chez les vendeurs d’eau en bouteille. Et il faut aussi plus d’électricité pour faire tourner la clim. Mais partout ailleurs, pédale douce…

Quel est l’impact des très fortes chaleurs sur l’économie ?
Quel est l’impact des très fortes chaleurs sur l’économie ? © Getty / Dermot Conlan

Quel est l’impact des très fortes chaleurs sur l’économie ?

C’est la fête aux glaciers. La semaine fin juin où il a fait si chaud, les ventes de glaces en bac avaient été pratiquement moitié plus élevées que la même semaine de l’an dernier. C’est la fête chez les vendeurs d’eau en bouteille, avec ou sans bulles. Et il faut aussi plus d’électricité pour faire tourner la clim. 

Mais partout ailleurs, pédale douce, et pas seulement dans les trains qui roulent moins vite pour cause de rails qui se dilatent. Le blé risque de griller dans les champs. On travaille plus tôt et on fait des pauses plus longues sur les chantiers de BTP. On arrête des centrales nucléaires chez EDF, pour éviter de rendre l’eau des rivières encore plus chaude etc.

L’addition finale du coup de chaud 

Sur quelques jours, comme fin juin où cette fois-ci, l’impact est bien réel pour des centaines de milliers de personnes, en particulier chez les agriculteurs, mais il est trop faible pour se voir à l’échelle du pays. 

En 2003, quand il y avait eu près de trois semaines de canicule, l’impact avait été estimé entre 0,1 et 0,2 % du PIB. Ce n’est pas rien - ça fait entre 2 et 5 milliards d’euros de production perdue. 

Mais je me méfie un peu de ce chiffre, car 0,1 à 0,2%, c’est toujours ce que répondent les économistes quand on leur demande d’évaluer un choc ponctuel, comme l’impact des gilets jaunes ou l’effet d’une grande grève. 

Il n'y aurait donc pas d’impact significatif de la chaleur sur l’économie ? 

Si bien sûr. Dans les pays en développement où l’agriculture constitue une partie importante de la production, la hausse des températures pèse sur la croissance. 

Dans un pays avancé comme les Etats-Unis, des chercheurs ont comparé ce qui se passe au fil des saisons dans les 50 Etats de l’Union, qui ont des climats assez différents. Ils ont montré qu’un hiver moins froid d’un degré fait monter la production de 0,2% sur le trimestre concerné. A l’inverse, un été plus chaud ralentit l’activité de 0,3%.

Ce sont de petits chiffres. Mais il en va autrement à long terme, en supposant que le climat se réchauffe - ce qui paraît une hypothèse de moins en moins contestable. D’après les mêmes chercheurs, la chaleur pourrait amputer la croissance d’un tiers d’ici à la fin du siècle. Et là, ça commence à faire beaucoup. Ces chiffres sont bien sûr discutables. Mais il serait naïf de croire que le changement climatique ne changera pas aussi l’économie. 

Source : «  The Impact of Higher Temperatures on Economic Growth », par Riccardo Colacito, Bridget Hoffmann, Toan Phan et Tim Sablik, Economic Brief, Federal Reserve Bank of Richmond, août 2018.

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