L'édito éco de Dominique Seux, du journal "Les Echos". _____L’OCDE, l’Organisation économique des pays développés, a publié hier ses nouvelles prévisions. Cela ne va pas encore bien, mais cela va mieux. L’Organisation économique de 30 pays parmi les plus riches de la planète a en effet revu, pour la première fois depuis deux ans, ses prévisions dans le sens de la hausse par rapport aux précédentes. Dans ces pays, la récession sera en moyenne de 4,3% cette année mais, en 2010, la croissance reviendra, à hauteur de 0,7%. En mars, les experts voyaient encore 2010 clignoter dans le rouge. C’est donc mieux. Cela dit attention, l’OCDE met deux bémols à ce mieux. Un : la reprise sera lente, ce qui veut dire qu’il faudra du temps pour remonter les barreaux de l’échelle et que le chômage va continuer de progresser. Deux : elle est fragile, on ne sait pas ce qu’il y a derrière ce faux plat. Par prudence, l’OCDE a titré ses prévisions « Le bout du tunnel ? », mais avec un point d’interrogation. L’OCDE délivre aussi quelques messages. Trois, en fait. Le premier est essentiel. Les économistes qui passent leurs journées à ausculter le cœur de l’économie mondiale estiment que « les choses auraient pu être pires ». En gros, cela veut dire qu’un scénario-catastrophe a été évité. Ce scénario, c’est celui d’une descente aux enfers, d’une spirale dépressive. L’OCDE pense que, grâce aux interventions simultanées des banques centrales, des Etats, des plans de relance massifs, grâce à tout cela, l’économie mondiale ne va pas connaître après 2009 des années terriblement difficiles comme elle avait connu les années 1930 après 1929. C’est son pari et c’est important. L’autre message concerne la géographie de la reprise. C’est le deuxième message de ces prévisions, et cette fois, il ne nous fait pas plaisir. Il est brutal : le monde est prêt à repartir sans l’Europe. Il y a les bons élèves, comme la Chine, dont la gestion est une vraie sucess story puisque son énorme plan de relance portera la croissance à plus de 7% cette année. Il y a les Etats-Unis, où les indicateurs vont un jour dans un sens, un jour dans l’autre, mais où la récession sera cette année moins forte que prévu. Elle sera de 2,8%, avant un rebond l’an prochain. Et puis il y a la zone euro, qui cumule les mauvaises notes : une récession de presque 5% cette année, et une croissance zéro l’an prochain. Pourquoi ? Parce que les plans de relance y ont été moins importants, que l’économie est moins réactive et flexible et que, dit l’OCDE, l’opération transparence n’a pas été suffisamment faite sur les banques. La France fait plutôt mieux que les autres. La récession y est forte et douloureuse, elle sera de 3% cette année, mais sur les trente pays de l’OCDE, 23 feront encore moins bien que la France. La comparaison est plus compliquée sur le chômage. En France, le taux de chômage était de 8% en 2007, il grimperait à 11,2% en 2010, ce sont de très mauvais chiffres. Mais la hausse du chômage pendant la crise est moins forte qu’ailleurs, que dans la zone euro et, surtout aux Etats-Unis. Cela ne va pas bien, mais la crise fait, relativement, moins de mal qu’ailleurs.

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