Le groupe PSA Peugeot Citroën va créer 200 postes dans son usine de Mulhouse. C’est enfin une éclaircie pour le constructeur ?

Oui, c’est une information et une éclaircie, mais il en faudrait bien d’autres pour voir la fin de l’orage et on n’en est hélas pas là. Cela étant, c’est toujours bon à prendre : le constructeur crée une seconde équipe dans son usine de Mulhouse pour augmenter les cadences de sa nouvelle 2008. La production passera à 600 véhicules par jour. A la clé, il y a des postes, des intérimaires, mais aussi du personnel venant d’Aulnay. Cela fait longtemps que PSA n’avait pas eu du positif à communiquer. Ce n’est pas tout. Le groupe met en avant les bons résultats de sa 208. Le problème est que autant le succès d’un véhicule pouvait porter toute une marque autrefois – on pense à la 205, on pense à la Panda de Fiat – autant ce n’est plus vrai aujourd’hui.

Le groupe met cependant en avant d’autres succès.

La performance en Chine, puisque cette année ou l’an prochain au plus tard, le groupe devrait y vendre plus de voitures qu’en France. D’orès et déjà, si l’on ajoute les résultats en Algérie ou en Argentine, près d’une vente sur deux se fait à l’extérieur de l’Europe de l’Ouest. Enfin, dans quelques semaines, PSA devrait confirmer que le « trou » financier (« le cash qui brûle ») sera revenu à cent millions d’euros par mois à la fin de cette année.

Mais les problèmes restent énormes sans qu’une solution apparaisse clairement, Dominique.

Le problème de PSA est simple. Le groupe fait de bonnes voitures, mais il a raté son internationalisation par frilosité. Son activité repose sur une jambe, pas deux ou trois comme ses concurrents. Son drame est qu’il est trop européen et trop européen du Sud, très présent sur les marchés qui s’effondrent, comme l’Espagne, l’Italie. Il ne peut donc pas, ou trop peu, rebondir sur les marchés qui se portent bien. Le groupe débute aussi seulement dans le low cost, avec sa 301 et sa C-Elysée. Par comparaison, la voiture la plus vendue par Renault depuis le début de l’année, c’est le Duster, le SUV de …. Dacia, devant la Clio. La Logan marche très bien aussi. Et ces modèles, contrairement à que l’on pourrait penser, dégagent de belles marges et servent de cash-machine à Renault. Il y a donc encore du chemin à faire pour PSA.

Que peut faire PSA ?

Un : attendre et espérer que le marché reparte à la hausse en Europe, les ménages retrouvant de la confiance et du pouvoir d’achat. Ce n’est pas ce que l’on voit. Deux : chercher une alliance non seulement avec General Motors, comme c’est le cas aujourd’hui, mais un constructeur d’un pays émergent. Une chose est sûre : une entreprise ne peut pas perdre indéfiniment de l’argent et plus le temps passe, plus la famille Peugeot perd la main au profit de l’Etat. En attendant, il n'est pas interdit de se réjouir de ce qui se passe à Mulhouse.

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