Les chiffres du chômage du mois de mai : +16.200 demandeurs d’emploi.

Et exactement 630.000 supplémentaires depuis l’élection de François Hollande, c’est donc le bilan sur trois ans -mai 2012 / mai 2015. A ce rythme, l’actuel chef de l’Etat s’approche à grands pas et dangereusement du record de Nicolas Sarkozy : + 742.000 chômeurs au cours du mandat de l’ancien président, mais (bon) sur un quinquennat, cinq ans. Chacun espère évidemment que le premier chiffre ne rattrapera pas le second –on n’ose pas imaginer un instant que l’opposition, elle, l’espère ! Le risque est quand même faible : la croissance est en train de repartir, et donc, la pente devrait finir par s’inverser. On verra, mais une chose est sûre : le bilan de ce quinquennat, pour l’instant, est calamiteux sur ce terrain de l’emploi. Cela dit, quand on regarde le détail des choses, ce qui frappe le plus, dans ce qui a été publié hier soir, c’est autre chose : c’est l’envolée continue, persistante et terrible, du chômage de longue durée. La catégorie des demandeurs d’emplois qui augmente le plus vite, c’est celle des inscrits depuis plus d’un an à Pôle Emploi. Quand on pointe pour la première fois, on ne peut pas vraiment espérer que ce passage sera bref. C’est très problématique parce que plus on s’éloigne de l’entreprise, plus il sera difficile d’y revenir. Une autre information en donne la mesure précise : l’ancienneté moyenne au chômage est de 549 jours, très précisément un an et demi. Inutile de le dire, c’est un record.

C’est encore chez les plus de 50 ans que le chômage progresse le plus ?

Oui. Et sur ce point précis, on peut penser que les statistiques publiées par Pole Emploi ne correspondent plus vraiment à la réalité du marché du travail. Pôle Emploi distingue les moins de 25 ans, les 25-49 ans et les plus de 50 ans. Dans la vraie vie des entreprises en difficulté et puis dans la vraie vie du retour à l’emploi, hélas, c’est en dessous de cette barre des 50 ans que les difficultés commencent. Et, là, disons-le, la responsabilité des entreprises, notamment des plus grandes, est grande, de penser qu’au bout d’une vingtaine d’années de vie professionnelle, une personne n’aurait plus l’énergie, la capacité d’adaptation, l’envie, la créativité, la rapidité, suffisantes pour être « employable ». C’est le grand paradoxe de la société moderne. Les salariés quinquagénaires se sentent et sont effectivement jeunes dans leur corps et dans leur tête, bien plus que les générations précédentes ; les réformes des retraites repoussent l’âge de la retraite, mais le marché de l’emploi ne leur est guère favorable. Il y a naturellement, on ne le niera pas, la question du salaire, qui augmente à l’ancienneté et peut réfréner un employeur. Mais comment faire pour changer le regard des employeurs ? On cherche la réponse. Les plus incisifs noteront que sur le marché de l’emploi politique, c’est l’inverse : les plus jeunes ont du mal à se faire une place, parce que, là, l’ancienneté paie.

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