**Ce matin, une question simple : entre rumeurs et ce qui est sûr, où en est-on sur la réforme des retraites ?Nous sommes à un moment étrange mais au fond assez classique dans le processus d’élaboration d’une réforme. D’un côté, vous avez des ministres, Matignon, l’Elysée qui répètent sur toutes les ondes que le projet n’est pas bouclé. Et ce n’est pas faux parce que le travail continue, que les consultations du patronat et des syndicats continuent, et qu’il ne faut pas jeter de l’huile sur le feu avant la journée de mobilisation de jeudi. Mais de l’autre côté, vous avez une réforme qui se prépare, des réunions entre Nicolas Sarkozy, François Fillon et Eric Woerth, le ministre en charge du dossier, et avec toutes leurs équipes. Tout ne va évidemment pas se décider en 48 heures mi-juin quand la réforme sera officiellement présentée ! Et forcément, il y a des éléments qui « sortent », ce qui produit cette impression un peu bizarre pour l’opinion. Illustration ces derniers jours…Samedi matin, trois sites Internet, ceux de l’Express, du Monde et des Echos ont publié des éléments nouveaux sur les orientations du projet parce que leurs journalistes – et j’en étais – ont obtenu des informations sur son état d’avancement. Mais c’était « off », et je ne vous dirai donc pas d’où elles venaient. Cette méthode n’est pas choquante, cela permet de tester des pistes évoquées en réunion interne ou avec les partenaires sociaux, (des pistes) qui sont encore officieuses. Cette fois encore, tous les porte-paroles officiels ont redit que rien n’était officiellement arrêté. Mais cela les a contraints à lever un peu plus un coin du voile. Oui, mais alors (je repose la question) qu’est ce qui est vrai ?J’ai fait un détour – j’y arrive ! En dépit de toutes dénégations, le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite est bel et bien certain, peut-être de 60 à 62 ou 63 ans. Le tabou va tomber. Christian Estrosi, le ministre de l’Industrie, a dû d’ailleurs en confirmer le principe dimanche. Parallèlement, il y aura aussi un allongement de la durée de cotisation nécessaire pour avoir une retraite à taux plein. Elle devrait passer à 41 ans et demi en 2020 et à 42 ans en 2030. Au total, des nouvelles règles s’appliqueront dès 2011 mais de façon très très progressive. Autre élément, il y aura une petite convergence entre le régime des fonctionnaires et celui du privé. Pas par la remise en cause du calcul de la pension sur les six derniers mois de traitement (25 ans dans le privé). Mais par un relèvement progressif de la cotisation retraite des fonctionnaires : elle est de 7,85% du traitement, trois points de moins que pour le privé. Quoi d’autre encore ?Des recettes nouvelles sont recherchées (3 à 4 milliards d’euros). Il y aura le prélèvement sur les hauts revenus, qui devra rapporter autant que le bouclier fiscal (600 millions), et des impôts sur les revenus financiers des entreprises. Le gouvernement regarde aussi comment, dans quelques années, les cotisations retraite générales des salariés pourraient augmenter en échange d’une baisse de leurs cotisations chômage si l’emploi s’améliore. Au total, tout cela peut encore bouger mais dans l’équation des retraites, les inconnues se lèvent peu à peu.**

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