La nouvelle ministre du Travail Muriel Pénicaud refuse de commenter les chiffres mensuels du chômage.

La nouvelle ministre du Travail Muriel Pénicaud refuse de commenter les chiffres mensuels du chômage
La nouvelle ministre du Travail Muriel Pénicaud refuse de commenter les chiffres mensuels du chômage © AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Baisse du chômage

On l’a appris hier : le chômage a reculé de 1% au mois d’avril, le dernier du quinquennat Hollande. 36 000 demandeurs d’emploi dans la catégorie la plus officielle, celle des personnes n’ayant pas travaillé du tout. Tant mieux.

C’est le dernier chiffre de Hollande et le premier de Macron, qui n’y est évidemment pour rien. Mais voilà : si on élargit le regard avec les personnes qui ont travaillé un peu, on est sur une ... hausse de même ampleur. On peut multiplier les chiffres, le sens économique est clair : malgré une économie qui va mieux, il n'y a pas de tendance nette, franche dans un sens ou un autre.

Cela justifie amplement que la politique économique et sociale cherche à soutenir les créations d’emploi pour enfin rapprocher le taux de chômage français de ce que l’on constate chez nos voisins où, certes, les bas salaires et une forme de précarité sont un peu plus répandus qu’ici mais où on compte deux fois moins (!) de chômeurs en Allemagne et dans le Nord de l’Europe.

Le nouveau président espère ramener ce taux de chômage à 7% d’ici la fin de son mandat. Bon courage.

La nouvelle ministre du Travail a pris une décision

Muriel Pénicaud a décidé de ne plus commenter chaque mois ces chiffres du chômage qui font du yo-yo et n’ont pas beaucoup de sens.

Elle juge plus pertinent le taux de chômage calculé par l’Insee, 9,6% de la population active, qui permet les comparaisons internationales. Elle cherche à évacuer la pression qu'a subie l'équipe de François Hollande mais la plupart des experts jugent cela raisonnable parce que c’est vrai qu’on n’y comprend plus rien.

Si vous écoutez Pôle Emploi, le nombre de chômeurs a explosé de 580 000 en cinq ans. Si vous écoutez l’Insee, il a grimpé de… 3 000 !

En réalité, il y a du vrai dans les deux mais les deux ne mesurent pas la même chose, ce n’est pas aussi simple qu’un feu vert ou rouge.

Qu’est-ce qu’être chômeur ?

Est-ce être disponible tout de suite ?

Est-ce ne pas travailler du tout ou un peu aussi ?

Est-ce rechercher vraiment un emploi ou être découragé de le faire ?

Résultat : quand on est dans l’opposition, on dit qu’il y a six millions de chômeurs, quand on est au pouvoir on parle d’environ trois. N'importe quoi. Ce serait risible si le sujet n’était pas si grave.

Je le disais : les experts applaudissent. Mais les Français, eux, suspecteront-ils une entourloupe ? A voir.

Résumons : les chiffres mensuels doivent continuer d'être publiés, et ils pourraient être commentés techniquement par le directeur général de Pôle Emploi. En attendant, on verra si Muriel Pénicaud tiendra son engagement et si ses collègues ministres s’abstiendront de commenter les chiffres quand ils sont bons comme aujourd’hui. Je prends le pari que non !

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