Martin Bouygues a surpris le monde des télécoms en demandant un report de plusieurs mois des enchères sur la 5G. La France est quasiment le seul pays européen où cette nouvelle technologie n'est déployée nulle part.

Martin Bouygues a demandé un report des enchères sur la 5G
Martin Bouygues a demandé un report des enchères sur la 5G © AFP / Ludovic Marin

La crise actuelle change-t-elle quelque chose aux innovations technologiques que l’on attendait pour les mois à venir ? Soit parce qu’elles apparaissent moins utiles ou parce qu’il n’y a plus d’argent disponible. La 5G, ce n’est pas la 4G en mieux et plus rapide, après la 2G et la 3G. C’est une révolution technique qui doit changer les usages, pour les particuliers et les industriels – très attendues pour la télémédecine et la voiture autonome. 

A cause de l’épidémie, plusieurs pays ont repoussé les enchères attribuant des fréquences aux opérateurs, comme l’Espagne ou l’Autriche. Eh bien ce week-end, Martin Bouygues, patron de Bouygues Télécoms, a pris la parole (c’est rare) pour demander (dans le Figaro) au gouvernement français de repousser à son tour le processus. De cet été à début 2021. 

Rien n’est urgent. On ne sait pas de quoi demain sera fait ; à cause des délais techniques, rien de fondamental ne changera pour vous et moi avant 2023 ; et une partie de l’opinion s’inquiète de la consommation d’énergie de la 5G voire de l’impact sur la santé des nombreuses antennes nécessaires. 

Disons-le : cet appel de Martin Bouygues a été accueilli fraîchement par le gouvernement, par le régulateur (l’Arcep) et l’acteur dominant du marché qu’est Orange. Le petit monde des télécoms se perd en conjectures sur les motivations de Bouygues : difficultés financières sur d’autres métiers (les travaux publics, l’immobilier) ? Volonté de renégocier les appels d’offres ? On ne sait pas.

Et sur le fond ? 

Sur le fond, la technologie, c’est vrai, n’a pas été d’un grand secours face au coronavirus. De quoi parle-t-on depuis deux mois ? De masques à un euro et de traitements qu’on ne trouve pas. La tech n’a donc pas à être (comment dire) déifiée. Oui, sauf que les technologies de la communication, Internet, 4G, Skype, Zoom, Teams etc., ces technologies ont été là et sacrément utiles. 

Certes, on comprend que Bouygues ou d’autres aient des inquiétudes, que la période soit difficile et c’est vrai que les maires en France ne sont pas enthousiastes. Mais (mais) la relance économique se fera sur l’écologie et le numérique et aujourd’hui, une centaine de villes coréennes, une cinquantaine de chinoises et d’américaines, 30 au Royaume-Uni et 10 en Allemagne sont couvertes par la 5G. Il y en a zéro en France. 

La 5G n’est bien sûr pas le Pérou qui va tous nous sauver mais ce serait paradoxal d’appuyer sur le frein.

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