Il y a trois incertitudes sur l'économie dans les semaines à venir, les 3C : la durée du Confinement, le Comportement des ménages et la Capacité à rebondir vite.

Où en est l’économie française ? C’est une question à quelques centaines de milliards d’euros et on est pourtant obligé de répondre au doigt mouillé. Elle tourne au ralenti comme jamais depuis la seconde guerre mondiale, mais tout dépendra de la durée du confinement et de sa capacité à rebondir vite. 

Que voit-on dans le détail ? L'économie s'est davantage arrêtée que ce n'était anticipé.  Il y a des secteurs à l’arrêt : tourisme, hôtellerie-restauration, événementiel, une grosse partie du commerce. A l’inverse, il y a des activités qui, tournent presque normalement ou même parfois plus que d’habitude : agroalimentaire, grande distribution, emballage, assurances, banques, une partie du secteur public et la santé bien sûr. Entre les deux l’industrie tournerait à 25% seulement, l’automobile à 20%, les travaux publics vont repartir, le bâtiment peu. Enfin, l’agriculture cherche déséspérement 200.000 bras saisonniers. 

Selon l’institut Rexecode, la demande finale, notamment la consommation des ménages, baisserait d’un tiers sur un mois entier de confinement. Les Français confinés consomment moins, mais, paradoxe, comme beaucoup d’entre eux conservent leurs revenus ou sont en chômage partiel payé par l’Etat, l’épargne va bondir. 

Au total, au doigt mouillé donc, l’économie la plus visible tourne peut-être en ce moment à moitié, et si on ajoute ce qui l’est moins comme le paiement des loyers et les services financiers qui continuent, l’économie dans son ensemble tourne peut-être à 75 %. au maximum. L’Insee tentera une estimation avant la fin de la semaine - l'institut a évalué jeudi une économie tournant à 65%, NDLR. 

A partir de cela, anticiper la croissance sur l’ensemble de 2020 à partir d’un confinement qui durerait jusqu’au 28 avril ne serait pas du doigt mouillé, cela serait un naufrage que l’on évitera. Pour une raison simple : les achats qui ne sont pas faits aujourd’hui seront-ils ou pas faits après ? On ne sait pas.

Les gouvernements tentent néanmoins des estimations.

Bruno Le Maire, à Bercy, parle d’une récession de 1% sur l’année, mais il sait que cela sera plus. A Berlin, le gouvernement évoque une récession de 5%

Ce qui est frappant est que chaque pays réagit avec sa culture. Paris explique que plus rien ne sera jamais comme avant en économie, tandis que les ministres d’Angela Merkel, hier, rassuraient les Allemands en leur promettant qu’après la crise la rigueur budgétaire reviendra vite.

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