Les consultations démarrent aujourd'hui à Matignon sur la réforme fiscale. Selon vous, on saura ce soir ou au plus tard à la fin de la semaine si ce chantier va aboutir ou s'il sera mort-né. Oui, on le saura très vite en écoutant les déclarations sur le perron de Matignon de tous ceux, patronat, syndicat, partis politiques, qui auront vu le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Ces déclarations permettront de savoir si un chemin de réforme est possible ou si les prochains mois vont être terriblement anxiogènes. Si la réforme fiscale s'annonce anxiogène, si elle crée de l'inquiétude, de l'angoisse, du stress, dans la population ou une partie de la population, alors on verra tout de suite que la France n'a pas besoin de cela en ce moment. On verra que le remède - la réforme - est pire que le mal - une fiscalité actuelle qui marche cul par dessus tête. S’il y a un chemin de crête possible, on le saura très vite. En attendant, c'est au gouvernement que cette idée de réforme crée du stress. Derrière la façade polie, entre l’Élysée, Matignon et Bercy, ce sont les Tontons flingueurs - mais sans les dialogues de Audiard ! La démarche de Jean-Marc Ayrault sur le grisbi fiscal fait encore des vagues. Bercy, tenu à l'écart, reste sévère à mots couverts et sous la protection de l’anonymat contre un Premier ministre qui ne chercherait - c'est la thèse - qu'à conserver son fauteuil après les européennes avec un chantier au long cours. Quant a lui, François Hollande, dont on nous dit qu’il appuie à 100% cette contre-offensive proposé par Jean-Marc Ayrault, il cache bien son enthousiasme. Voilà, il y a cette lecture politique, mais il y en a une autre. Et l'autre serait que Jean-Marc Ayrault est sincèrement plus réformateur que François Hollande. Souvenez-vous : c'est déjà lui qui avait poussé pour que le rapport Gallois débouche très vite sur un plan compétitivité. Souvenez vous : c'est lui qui, il y quelques semaines, souhaitait transformer la baisse fiscale du CICE en baisse des charges patronales de 20 milliards, pour que cela soit plus lisible. Ayrault se voit-il en Rocard moins flamboyant mais plus opiniâtre 25 ans plus tard ? On ne sait pas et on sait que Rocard a perdu face à Mitterrand. Mais il a laissé la CSG.Reste à savoir quels sont les objectifs de cette idée de réforme ? C'est vrai qu'il y a une ambiguïté, et peut-être un malentendu. Le but, est-ce la croissance et la compétitivité ou le but, est-ce plus de redistribution et de progressivité ? Pour avoir recueilli l'interview de Jean-Marc Ayrault, je peux vous dire que la piste de la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu n’est pas - c'est une impression – ce qui le fait spontanément sauter le plus de joie. Si on regarde ce qui est le plus utile en ce moment, la lutte pour l’emploi, le sujet clé, c’est bien davantage l’élargissement de l’assiette du financement de la protection sociale. On verra bien. En attendant, si on a un tout petit peu de mémoire, on se souvient qu’on ne devait plus, à partir de maintenant, parler d'impôts mais seulement d'économies dans les dépenses publiques. Eh bien, on ne parlera que d'impôts.

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> Retrouvez L'édito éco du 19 novembre consacré à l'annonce d'une grande réforme fiscale

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