Vous revenez sur la décision annoncée par Ségolène Royal ici même hier : le Thalys sera équipé de portiques de sécurité dans les gares de Paris et Lille d'ici le 20 décembre.

On pourrait ouvrir un débat sur l'opportunité et la faisabilité de cette décision : jusqu'où faudra-t-il aller dans les mesures de sécurité ? Pourquoi le Thalys et pas les trains de banlieue ? On pourrait s'interroger sur cette propension de la France à faire des choix sans même en parler au préalable avec la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, pays où va le Thalys. On pourrait se demander si d'autres mesures intermédiaires n'étaient pas possibles. Je peux vous dire qu'une réflexion venait d'être engagée chez Thalys pour revenir aux billets nominatifs et croiser les noms avec des fichiers de sécurité – une sorte de PNR normalement réservé aux avions étendu aux trains. Tout cela est juste. Mais il est en même temps difficile de condamner l'annonce de Ségolène Royal après la catastrophe frôlée d'août et les drames du 13 novembre qui montrent des liens entre les islamistes de Paris et Bruxelles.

En revanche, il faut se pencher sur la signification de la décision.

Oui, parce qu'elle est la preuve que l'Organisation Etat islamique a déjà gagné, changé quelque chose en Europe y compris en matière économique. La libre circulation, valeur cardinale de l'Europe avant même Schengen, va connaître un recul pour la première fois depuis longtemps. Libre circulation des personnes d'abord. Les portiques du Thalys, peut-être demain des TGV, vont rallonger les distances. Faire passer sous un portique près de 800 personnes d'un coup pour une double rame, cela prendra du temps, trois quarts d'heure – et que l'on pense avec ironie à ces milliards d'euros dépensés pour gagner quelques minutes sur un trajet, minutes qui vont être reperdues. Libre circulation des marchandises ensuite. Les files de camions s'allongent et vont s'allonger aux frontières – comme il y a trente ans. Ce ne sont pas les conséquences directes des attentats comme le commerce ou le tourisme, c'est plus insidieux, mais c'est plus lourd aussi.

Y a-t-il une solution ?

Muscler la coopération policière en Europe et la surveillance aux frontières de l'Europe en en faisant une compétence communautaire. Depuis vingt ans, on a élargi l'Europe, il fallait, il faut en fait l'approfondir.

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