Quels commentaires après le débat ?

Le premier commentaire, c’est que ce débat a été remarquable. Il a été de haut niveau et précis, grâce aux questions mais bien sûr grâce aux réponses. Au point qu’on aurait voulu qu’il y ait une personnalité de gauche de même niveau pour y participer, argumenter aussi, et qu’on rêve que cela dure jusqu’en mai comme ça. Parce qu’il faut souligner que Juppé et Fillon sont d’accord sur l’essentiel en économie. Pourquoi était-ce intéressant ? Pour une fois, on n’a pas vu valser les dizaines de milliards d’euros, les additions incompréhensibles pour ceux qui n’ont pas lu dans le détail les projets. Cela a été concret : retraites, maisons de santé, quotient familial, temps de travail, fonction publique.

Y voit-on plus clair sur ce qui différencie les candidats ?

Leur socle est commun à 70 %. Pour le reste, François Fillon nous dit que le modèle social dont on se gargarise n’existe plus parce que le vrai modèle social, c’est l’emploi. Que la solution, c’est d’avoir de la croissance, et que pour cela, il faut débureaucratiser la France. Alain Juppé, lui, pense, que pour réformer il faut quand même donner un peu de grain à moudre, négocier. Différence de dosage et de méthode. Mais la vraie question est de savoir quel sera le vrai projet du vainqueur dans cinq mois. Mettent-ils la barre à 100 maintenant pour proposer 80 en mai et réaliser seulement 50 s’ils sont élus, ce qui sera toujours plus que jusqu’à maintenant ? C’est possible. Je prends le pari.

De toute façon, la pilule sera amère ?

Les téléspectateurs se sont couchés en se disant qu’en 2022, avec ces projets, leur vie aurait changé. Retraite à 65 ans, temps de travail peut-être plus à 35 heures, couverture santé peut-être différente, règles du licenciement changées, moins de fonctionnaires certainement même si on ne sait pas où. L’interrogation est de savoir si tout cela permettrait de booster la croissance et de réduire le chômage et donc si cela en vaut la peine.

A ce propos, une remarque ?

C’était cruel. L’annonce de la baisse du chômage le mois dernier est tombée en fin d’après-midi, on sait que cela compte pour François Hollande. Eh bien, le sujet n’a même pas été évoqué pendant le débat. Comme si la page était déjà tournée. Le premier tour aura lieu dans encore 150 jours exactement.

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