Emmanuel Macron desserre progressivement les freins du confinement, en trois étapes. L'essentiel repose sur l'arrivée d'un vaccin qui serait distribué dès le tout début 2021. Le "quoi qu'il en coûte" n'est pas déconfiné.

La stratégie générale développée par Emmanuel Macron est un pari : le pari que les Français seront sages pour éviter une 3ème vague ; le pari que les pouvoirs publics sauront, cette fois, empêcher cette troisième vague ; mais surtout le pari que les vaccins arriveront sans tarder. C'est le pari que les personnes les plus fragiles en bénéficieront vite, et le pari que le frein qui angoisse et bloque le pays depuis neuf mois se desserre.

D'ic là, le gouvernement avance vers le déconfinement avec donc trois paliers de vitesse : samedi, on rouvre les commerces et on a le droit de marcher ou rouler 20 kms (youpi) ; le 15 décembre, on oublie les attestations et on retourne au cinéma ; et le 20 janvier, les restaurants et les stations de ski nous accueillent. Ce desserrement progressif se fait sous condition que l’épidémie recule, c’est la récompense des efforts faits par nous tous. 

Sur le plan économique, ce calendrier et ces échéances clarifient l’horizon, c’est un point essentiel pour tous les dirigeants d’entreprise. 

L’incertitude est toujours leur hantise, là, ils peuvent s’organiser

Au-delà, le bout du tunnel est bien la vaccination, dont Emmanuel Macron promet le lancement dès la fin décembre-début janvier. Cela paraît ambitieux et le rendez-vous est en réalité début 2021. 

Elément positif : la vitesse à laquelle plus de 11 millions de personnes viennent d’être vaccinées contre la grippe, cette vitesse montre que la logistique n’est pas insurmontable. 

Au total, le redémarrage économique dépendra vraiment de la réussite des vaccins et des nouveaux traitements, et après les masques et les tests, c’est peu de dire que les pouvoirs publics sont attendus au tournant. La meilleure politique économique reste encore aujourd’hui la politique sanitaire.  

Les milieux économiques ont appris autre chose

Les activités économiques toujours fermées administrativement bénéficieront à partir de maintenant d’une aide vraiment renforcée. Une aide égale à 20% de leur chiffre d’affaires de 2019 et jusqu'à 100.000 euros, c’est beaucoup. Jusqu’à quelques minutes avant l’enregistrement de l’allocution, les curseurs ont été discutés : Matignon proposait une aide égale à 30% du chiffre d’affaires mais seulement jusqu’à 250 salariés.

Cela coûtera près de deux milliards. Hier soir, le message envoyé était donc aussi en définitive que le « quoi qu’il en coûte », lui, n’est pas déconfiné. 

Si la question du financement de tout cela n’est pas encore posée, nul ne doit douter, à 100%, qu’elle le sera un jour.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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