Jean-François Copé ne sait pas quel est le prix d’un pain au chocolat. Et vous nous en faites un édito ?!!

Je rappelle pour les auditeurs qui seraient passés à côté de cette considérable, énorme, capitale, information qui a occupé un bout d’actualité hier : Jean-François Copé estime aux alentours de 10 à 15 centimes le prix d’un pain au chocolat - alors qu’on n’en trouve pas en dessous de 80 centimes en boulangerie. Cette méconnaissance par un responsable politique de la vie réelle n'est pas la première : prix de la baguette, du ticket de métro, erreur sur le nombre de renouvellements possibles d’un CDD, montant du Smic etc, n a déjà vu cela. Sur ce type de boulette, on est partagé. D’un côté, elle renforce le sentiment d’un fossé entre une élite déconnectée qui ne sait pas le prix des choses et « les gens ». Certains responsables politiques utilisant eux-mêmes cette grosse ficelle pour s’en prendre aux intellectuels et aux médias soi-disant déconnectés qui ne prennent pas le métro, là c’est retour à l’envoyeur. Ignorer le coût de la vie et le sous-estimer devient évidemment inquiétant si on en tire par exemple la conclusion que vivre avec un Smic en France est facile. Et en même temps, d’un autre côté, cette polémique est baroque. Ce n’est pas une découverte ni d’aujourd’hui ni d’hier que les dirigeants publics d’un certain niveau de la cinquième puissance mondiale vivent différemment. On n’a jamais demandé au Général de Gaulle, à Pompidou, à Mitterrand de connaître le prix d’un pain. On demande aux responsables publics d’avoir des idées neuves et de les appliquer efficacement -et c’est tout leur difficulté ces dernières années. Bon, au-delà, le problème est plus large : toute une catégorie de personnes voient leur vie trop prise en charge par d’autres à leur service.

Mais quelques autres données économiques devraient, être connues, des responsables politiques...

On leur demande toujours le montant du Smic ; mais savent-ils que chaque petit entrepreneur qui veut embaucher quelqu’un au Smic doit se demander si chaque mois, ce salarié fera rentrer un chiffre d’affaires de quasiment 2.000 euros (avec toutes les petites charges non sociales dont on parle peu), sinon il perd de l’argent ? Quant au salarié, lui ne percevra que 1.150 euros – avec une vie difficile ou impossible pour se loger en milieu urbain. Ont-ils en tête que dans l'équilibre budgétaire pour 2017 qu’ils vont voter aujourd’hui, 20 % des dépenses ne sont pas couvertes par des recettes ? Voilà, c’est aussi concret et plus important que le pain au chocolat.

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