Le nombre de chômeurs a baissé de 65.000 en septembre après 2 mois de hausse

. On n’y comprend plus rien !  C’est vrai. La baisse de septembre est la plus importante depuis plus de 15 ans mais si on regarde sur trois mois, la diminution est légère, sans plus. Du coup, les chiffres mensuels d’inscriptions sont un méli-mélo illisible dont la seule excuse est que sur un volume aussi considérable, les yoyo représentent l’épaisseur du trait. Alors, on peut quand même essayer de chercher la direction du trait. 

Et à partir du - 65.000 d’hier soir, deux analyses sont possibles. La première est qu’enfin, le chômage est cohérent avec l’amélioration de la conjoncture économique et que çà y est, après un classique retard à l’allumage, on est sur la bonne pente -malgré le recul des emplois aidés. Les créations d’emplois sont bonnes, les défaillances d’entreprise ont baissé, le moral des patrons s’améliore : bref, çà va mieux et ca va aller mieux – youpi yop la boum. 

Et l’autre analyse ?  

Plus grise. C’est que même avec une conjoncture qui va mieux, notre niveau de chômage ne recule pas parce que les blocages sont structurels. Ils résident dans le mauvais fonctionnement de l’économie ou du marché de l’emploi. Les keynésiens disent que la demande n’est pas assez forte : les carnets de commandes ne pas assez pleins. Les entreprises, elles, disent qu’elles n’ont pas de prévisibilité sur ces carnets et ne préfèrent pas embaucher si elles craignent de devoir débaucher (c’était l’enjeu des ordonnances). 

Les plus libéraux disent que sur les 6.635.000 inscrits à Pôle emploi (un actif sur 4,5), il y a 3.100.000 personnes indemnisées et que l’assurance chômage est devenue dans certains cas un droit de tirage plus que la couverture d’un risque. Enfin, le consensus actuel -justement très consensuel- dit qu’il y a un défaut d’adéquation entre les formations et les besoins du marché de l’emploi. Alors, vous me demandez de trancher entre la conjoncture et le structurel puisque c’est le rôle d’un éditorialiste. Eh bien, je tranche : 40 % conjoncturel (la baisse va continuer un certain temps), 60 % structurel (on ne peut pas compter sur la seule reprise).

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