Le Rapport annuel sur l’état de l’environnement en France, publié hier, mérite d'être lu. On peut se faire une idée de notre situation environnementale, au-delà des caricatures de tous bords. Le plus inquiétant n'est pas ce dont on parle le plus.

Le rapport annuel sur l’état de l’environnement en France a été publié hier. Que dit-il ?
Le rapport annuel sur l’état de l’environnement en France a été publié hier. Que dit-il ? © Getty / Daniele Bisognin / EyeEm

C’est un document dont je conseille la lecture à toute honnête femme et homme (je sais : c’est une expression désuète), femme et homme qui veut se faire une idée sur notre situation environnementale. Ce rapport est publié tous les quatre ans. 

Sans doute, les spécialistes considèrent-ils qu’il n’y a rien de neuf dedans, eh bien si ! ce qu’il y a de neuf, c’est la vue d’ensemble, une synthèse de ce que l’on sait, accessible en 200 pages nourries de graphiques, avec sur le digital des compléments. Ce bilan fait le point sur l’état des sols, de l’eau, de la biodiversité, du climat, avec des données concrètes sur la fonte des glaciers en France, l’évolution des dates de vendange et de migrations d’oiseaux. Il émane du ministère de l’Écologie, mais ce n’est pas la Pravda. 

Sur le fond, le diagnostic est sévère, très sévère, sur la disparition d’espèces animales, la présence de nitrates qui dépasse les normes sur un tiers du territoire. Il l’est aussi sur les émissions de gaz à effet de serre : en 25 ans, elles ont baissé, mais au total on reste au-dessus de ce qu’il faudrait faire. On lit encore que les émissions d’oxydes d’azote, de particules fines et ultrafines ont chuté d'environ la moitié en 15 ans. Sauf dans les métropoles où cela ne va pas, et d’ailleurs la France a été condamnée hier par la Cour de justice européenne. 

Avec tout cela, du coup, la conclusion du bilan va surprendre, je la cite : « de manière générale, l’état de l’environnement continue de s’améliorer en France sous l’effet de la réglementation et des initiatives nationales et locales ». Étonnant ? Pas tant que cela en fait : plus on se rapproche d’un objectif, plus la distance qui nous en sépare paraît insupportable (théorème dit de Tocqueville)

Sur le climat, la France est atypique

Ce n’est pas dans le rapport. Elle est en retard sur ses objectifs, on l'a dit, mais elle est aussi en avance. 

Pourquoi ? Elle est l'un des seuls pays qui se trouve dans la phase 2 du combat contre le réchauffement climatique. La majorité des pays concentrent leurs efforts sur la décarbonation de la production d'électricité (du charbon et du gaz au nucléaire, à l'éolien, au solaire etc.), ce qui est la phase 1. C'est le plus facile parce que cela n'impacte pas la vie quotidienne, et ce travail-là, la France n'a pas à le faire : son électricité est déjà décarbonnée. 

Paris doit donc s'attaquer à la phase 2, la décarbonation de ce qui touche la vie concrète : les transports et les logements. Et là, c'est plus difficile on l'a vu sur le prix des carburants. 

C'est la raison pour laquelle beaucoup de pays regardent de près ce qui se fait et va se faire ici.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.