Ce matin, une chronique un peu exotique, avec le classement mondial des entreprises, qui (je cite) « créent de la valeur ».

C’est exotique parce que l’on va citer des noms d’entreprises dont on entend peu parler. Ce classement a été réalisé par le cabinet de conseils BCG, le Boston consulting group. Et il apporte encore une fois, j’en ai peur, une mauvaise nouvelle sur l’Europe. Qu’est-ce que la création de valeur pour le BCG ? Un thermomètre qui mesure les performances de 1.000 sociétés sur les cinq dernières années du point de vue du propriétaire, de l’actionnaire. Cela tient compte du cours de Bourse, des dividendes mais aussi, indirectement, de l’activité, des bénéfices. Toutes ces données sont touillées dans une calculette, et il en sort un classement.

Alors, le résultat ?

Il est clair : L’Asie décroche sept des dix premières places du podium. Le numéro un mondial dans la catégorie des poids lourds, des plus gros, c’est le moteur de recherche chinois sur Internet, le Google chinois, qui s’appelle Baïdu. Très bien classés aussi, Tencent, un portail Internet de Hong Kong et une compagnie qui extrait du charbon en Mongolie intérieure. C’est le paradoxe suprême : les champions du monde du capitalisme, les chouchous des actionnaires, sont chinois. Pour l’anecdote et preuve de ce hyper-capitalisme, Baidu ne classe pas les requêtes par pertinence – comme Google – mais en fonction des revenus publicitaires que cela lui rapporte ! C’est fou !

Mais les entreprises américaines ne sont pas mal placées…

Exactement. Dans la catégorie poids lourds, les Etats-Unis placent quatre groupes sur les dix premiers, grâce à leur forte capacité d’innovation. Ce sont Apple (sans surprise), Amazon, Mc Donald’s et Union Pacific – c’est la plus grosse compagnie de chemins fer outre -atlantique.

Bon, on y vient… Et l’Europe ?

Aie, aie, aie. Dans le palmarès complet, la première compagnie européenne arrive en 22ème position, c’est une compagnie minière britannique qui exploite des mines d’or en Afrique. La première entreprise française, SEB, surgit au 213ème rang.

Que retenir de ce type de classement ?

On peut le jeter à la poubelle en se disant que c’est le palmarès du capitalisme qui sert les actionnaires. La création de valeur n’est pas entendue, là, comme création d’emplois ou hausse des salaires. On peut se réjouir que l’Europe soit moins capitaliste que les autres. Mais on voit que ces entreprises sont les valeurs montantes de l’économie et qu’elles attirent les capitaux – qui, quand ils vont quelque part, ne vont pas ailleurs. Cela explique pourquoi les entreprises y compris françaises distribuent beaucoup de dividendes. Quand la conjoncture est mauvaise et que la bourse piétine, elles fidélisent ceux qui les financent.

Donc, c’est un indicateur parmi d’autres ?

Ce n’est pas forcément le plus significatif, mais c’est un élément de la marche du monde. Hier, le Shanghai Daily nous a aussi appris que la Chine comptera bientôt plus de gratte-ciels que les Etats-Unis. Ce n’est ni bien ni mal, c’est une information. Et après tout, on est là pour en donner !

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