Première chronique, aujourd’hui, sur le budget 2014 qui sera adopté aujourd’hui en conseil des ministres.Les grandes lignes de la loi de finances ont été dévoilées il y a dix jours – donc ce sont des détails que l’on va apprendre aujourd’hui. Mais il y a une chose qui paraît sûre, c’est que le gouvernement aborde sans doute cette journée budgétaire avec des pieds de plomb, comme un mauvais moment à passer. Il est peu probable que Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, les deux ministres en charge à Bercy, soient en ce moment en train de siffloter joyeusement devant leur glace s’ils nous écoutent tout en nouant leur cravate ! Alors, pourquoi un mauvais moment ? Parce que, avant même de parler du texte du budget (on y reviendra demain), c’est le contexte de ce budget qui est difficile. Ce contexte aurait pu, dû, être favorable pourtant …Oui, pour trois raisons. D’abord, c’est la première fois depuis 2007 qu’un budget n’est pas construit, présenté, dans une période de forte tension financière, à cause de la chute de Lehman Brothers, de la crise de l’euro ou d’une grosse récession. Cela facilite les choses. La seconde raison est que la majorité des économistes appuient la stratégie de François Hollande et Jean-Marc Ayrault d’avoir donné du temps au temps sur les déficits. Dans « Les Echos » Daniel Cohen, classé à gauche, et Patrick Artus, plus libéral, le disent clairement et d’une même voix. Enfin, la zone euro sort de la récession et un petit (tout petit) vent de reprise souffle. Voilà pourquoi cela aurait pu mieux se passer.Mais voilà, cela se passe mal !On a eu un mois de cafouillages de « com » sur la fiscalité et le gouvernement n’a pas réussi à convaincre qu’il mettait désormais l’accent sur les économies dans les dépenses. Aujourd’hui, on ne sait plus – même si on suit cela 12 heures par jour – quels impôts montent, lesquels descendent, on a le tournis. Cela fait penser à une caricature de Plantu que Le Monde mettait il y a longtemps à sa Une. Plantu dessinait le président Reagan, présumé un peu léger intellectuellement, qui s’exclamait devant chaque problème : « Purée, j’y comprends rien ! ». Eh bien, on n’y comprend rien – ou plutôt on comprend que cela monte pour soi-même – même si c’est faux. L’an dernier, le Premier ministre avait dit « Neuf Français sur dix seront épargnés », cela n’était pas vraiment vrai ; cette année, la formule qui reste est signée François Hollande, « quand c’est beaucoup, c’est trop », c’est bien vu. Du coup, on sait déjà que les députés socialistes veulent déjà revenir sur, par exemple, la suppression de la réduction d’impôt pour enfants scolarisés.A partir de là, deux hypothèses.Si, comme le dit Victor Hugo, la forme, la com, c’est le fond qui remonte à la surface, c’est évidemment inquiétant sur les résultats de la politique économique. Si, au contraire, derrière la com ratée, il y a une nouvelle ligne économique solide qui s’assume, alors ce serait mieux. On essaiera d’y voir plus clair demain matin, une fois le budget dévoilé.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.