On peut commencer par dire qui va perdre ! Cette grève de 11 jours a eu un effet désastreux pour l’image de la France et la compagnie elle-même. Partout, on a entendu des clients dire : Air France, plus jamais ! Et puis une grève qui coûte 15 à 20 millions d’euros par jour -il faut prendre conscience des chiffres-, fait plonger les comptes dans le rouge. Vous me parlez des gagnants, moi je vous parle d’abord des perdants !Parmi les différents acteurs, y-aura-t-il quand même des gagnants ?Commençons par la direction. Elle a perdu la face, mais elle a peut-être gagné au fond. Elle a dû renoncer à la création d’une filiale low cost, Transavia Europe, qui aurait emmené des passagers par exemple de Lisbonne à Prague sans passer par la France, avec des contrats de travail échappant au droit français. Cette idée de lancer un nouveau (petit) Ryanair tricolore est oubliée. En revanche, la direction devrait sauver l’essentiel, le décollage de Transavia France, c’est-à-dire des vols à petit prix au départ d’Orly, Nantes, Lyon et Strasbourg pour une quarantaine de destinations françaises, européennes ou du sud de la Méditerranée. Cette filiale limitée à 14 avions depuis 2007 devrait pouvoir monter à 37 avions, et donc transporter neuf millions de passagers par an. Cela étant, quelle que soit l’analyse, Alexandre de Jugniac a d’ores-et-déjà avaler sa casquette de commandant de bord. Les pilotes, que vont-ils retirer de cette bataille ? Ils ont déjà opérer un retournement inespéré pour eux. Leur mouvement était impopulaire en externe et en interne à Air France. Ils ont pu s’appuyer sur le pouvoir pour faire caler la direction. Les pilotes qui voleront sur Transavia conserveront un statut à part. Il faudra regarder le détail mais les pilotes conserveront un statut à part. La manifestation encore organisée hier par les autres personnels d’Air France contre les grévistes en dit long sur la colère de tous ceux qui ont fait des efforts ces dernières années contre les pilotes « enfants gâtés ».Le gouvernement a-t-il bien manœuvré ? Quand une grève dépasse huit jours dans les transports, il est normal que l’Etat ait son mot à dire. Manuel Valls a bien tenu le manche. Alors que le gouvernement jugeant insensées en privé les revendications des pilotes, le gouvernement a soutenu en public la direction et a refusé de s’immiscer publiquement dans le détail des négociations d’une entreprise privée. On ne peut pas en dire autant d’Alain Vidalies, son secrétaire d’Etat aux Transports, qui par des déclarations comminatoires, humilie la direction.Après ce conflit, où en est le transport aérien français ? Il est loin d’être sauvé. Pour le savoir, il suffit à chacun de nos auditeurs qui prennent l’avion de se demander sur quelle compagnie il a volé dernièrement

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