Ce matin : l’accélération économique d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe.

L’été avait été calme, avec pour l’essentiel la préparation de la loi Travail, mais sans l’habituel collectif budgétaire post-présidentielle et ses mesures fiscales. Cet automne, changement de tempo. Ce sont huit rendez-vous (huit) qui sont prévus ces jours-ci, et -point intéressant- c’est un agenda calculé. Après le logement jeudi dernier et la publication des ordonnances Travail au « JO » samedi, le Premier ministre dévoile aujourd’hui un plan d’investissements de 50 milliards d’euros. Demain, à la Sorbonne, après la victoire de Merkel, Emmanuel Macron prononcera un discours sur l’Europe. Mercredi, présentation du budget 2018 et conseil franco-italien avec au menu l’avenir du chantier naval STX. Vendredi, le président défendra en sommet européen la taxe sur les GAFA, les géants du numérique. Pourquoi cette concentration ? Raison avancée : les réformes mettent du temps avant de produire des effets, il faut partir tôt. C’est vrai : Hollande n’a pas cueilli les fruits de ce qu’il a planté. Il y a des hasards de calendrier. Mais il y a aussi la volonté d’alterner du consensuel (lnvestissement public, Europe, taxation de Facebook) avec ce qui ne l’est pas (loi Travail, Budget). Et un autre dossier s’invite à l’agenda demain : le mariage probable entre les trains et TGV d’Alstom et la branche transport de Siemens. Et cette question : quelles garanties pour que ce projet qui a du sens industriel et franco-allemand soit équilibré alors que Siemens sera le 1er actionnaire ?

Et il y a le budget.

Oui, mercredi. C’est normalement LE rendez-vous annuel de la politique économique. Eh bien, la stratégie du gouvernement est de tout faire pour que cela ne soit pas ce rendez-vous central de la rentrée, le budget est donc encadré, noyé même. C’est, à ma connaissance, une première. L’exécutif sait que la baisse du déficit public, pour vertueuse qu’elle soit (la France affiche un des plus élevés), n’enflamme pas l’opinion. Et que les polémiques seront fortes sur les économies budgétaires et les allégements fiscaux, entre taxe d’habitation d’un côté, l’ISF de l’autre. Bref, il assume tous ses choix mais il essaie d’être malin parce qu’il a bien conscience de dérouler un ensemble inédit de réformes et d'initiatives.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.