Après une journée de mobilisation de la CGT mardi, un défilé de FO à Paris samedi et une grève à la RATP il y a deux semaines, quel bilan de ces trois tests ?

Paris, 24 septembre 2019, Manifestation des syndicats CGT, SUD, Solidaires contre la réforme des retraites.
Paris, 24 septembre 2019, Manifestation des syndicats CGT, SUD, Solidaires contre la réforme des retraites. © AFP / Nicolas Cleuet / Hans Lucas

Le bilan ne se présente pas trop mal pour Emmanuel Macron. Les syndicats lui ont lancé un avertissement, mais sans pouvoir ou vouloir sortir la grosse artillerie. Une puissance nominale, soufflait hier le pouvoir, mot d’ingénieur signifiant que le mouvement était au niveau attendu – pas moins mais pas plus. Les perturbations dans les transports n’ont pas paralysé le pays. Sauf le métro parisien, littéralement bloqué le 13 septembre, ce qui rare. 

Mais cette visibilité de la RATP, qui remettra le couvert en décembre, rend en fait un service au gouvernement, qui va montrer du doigt ces salariés partant à la retraite à 55,7 ans avec 88% de leur salaire (carrière complète). Avec l’espoir que l’opinion ne soutiendra pas les régimes spéciaux et que la fameuse grève par procuration de 1995 soit très loin. Le seul élément nouveau est la colère des avocats, des infirmières privées etc. Mais là encore, elle reste pour l’instant à un niveau contenu. 

Tout va donc bien pour le gouvernement ? 

Non. Le 1er sujet qui peut l’inquiéter, c’est le bruit de fond. Quelle idée va s’imposer sur cette réforme de retraites ? Si c’est l’équité entre tous les salariés, ce sera gagné. Si c’est la complexité, où personne ne sait s’il va gagner ou perdre ou pire si tout le monde pense qu’il y a un loup, ce sera difficile. Cette question du bruit de fond est fondamentale. Les 5 euros sur les APL avaient pourri le 1er été du quinquennat. Hier, la remise en cause possible des avantages des seniors sur l’emploi à domicile a failli tuer la communication du budget 2020. Ce doit être les baisses d’impôt, cela a failli repartir sur les retraités. Edouard Philippe a dû replier les voiles en vitesse. Donc, premier sujet : quel sera le bruit sur les retraites ? Second sujet compliqué : Emmanuel Macron a promis un grand débat, mais il assure en même temps qu’il ira au bout de sa réforme. Objectif : tenir les deux bouts de la ficelle, être souple et ferme à la fois. Quel sera le prix de la ficelle pour qu’elle ne casse pas ? Un pari : ce sera de faire en sorte que la réforme existe mais s’applique le plus tard possible.

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