Alors, l'actualité économique est repartie fort ce week-end : l'ombre du ras-le-bol fiscal a plané sur l'université d'été socialiste à La Rochelle ; mais elle n'a pas empêché Jean-Marc Ayrault, hier soir sur France 2, de confirmer que de nouveaux efforts seront demandés en 2014 aux Français, pour l'Etat et les retraites. Que comprendre ?

Comprendre, c'est difficile, mais ce que l'on voit en tous cas, c'est une schizophrénie rarement atteinte - presque touchante d'ailleurs tellement elle saute aux yeux. D'un côté, le Premier ministre affiche une petite mine et fait des contorsions pour dire sue, oui, il y aura des décisions douloureuses ; de l'autre, les deux ministres qui ont le plus d'expérience gouvernementale, de bouteille, Pierre Moscovici et Laurent Fabius, disent : attention aux hausses d'impôts, la coupe déborde. Qu'un ministre de l'économie et des finances, dont le travail est de veiller à la croissance, au moral des acteurs économiques mais aussi aux comptes publics, (qu'il) dise cela est totalement inhabituel. Ses proches expliquent que pendant ses vacances, il n'a entendu parler que de cela. Eh bien, je crois qu'il faut ériger une statue à Pierre Moscovici, qui dit la vérité. François Hollande, paraît-il, lui a passé un savon : il ferait mieux de l'écouter.

Parce qu'il y a donc un ras-le-bol fiscal ?

Entre 2012, 2013 et 2014, il y a plus de soixante milliards d'euros de prélèvements supplémentaires. Certes, c'est vrai, une bonne partie sur les entreprises, qui reçoivent le crédit d'impôt compétitivité. Mais au delà des chiffres et du débat purement économique sur l'impact de ces impôts sur la consommation, l'investissement, le bruit fiscal n'a pas cessé depuis 15 mois ; or, il avait déjà commencé avec Nicolas Sarkozy. Cela fait donc trois ans et le niveau des prélèvements est au plus haut depuis 1945. Ces jours-ci, les contribuables reçoivent leur avis d'imposition sur leurs revenus de 2013, et le gouvernement doit encore trouver une bonne dizaine de milliards. Tout cela se rajoute aux hausses de tarifs d'électricité et à ce qui arrive sur les retraites.

On l'a souvent dit ici, mais chaque français peut citer tel ou tel exemple d'impôt qui grimpe, mais plus difficilement, des économies dans les dépenses publiques. Hier soir, Marie Drucker, sur France 2, a posé la question des économies à JM Ayrault, mais il a répondu en citant des dépenses nouvelles ! Ce qui est le plus frappant, en ce moment, est les plus jeunes, quand on leur augmente encore une fois leurs impôts ou leurs cotisations retraite, disent : mais pourquoi faut-il payer pour des générations qui partent en retraite en laissant des trous pareils ?

Mais le gouvernement a épargné les plus modestes...

Peut-être, encore que non quand il a supprimé la défiscalisation des heures supplémentaires. Mais faire l'impasse sur des millions de foyers moyens, d'artisans, de professions libérales ou de cadres en traitant comme des très aisés qu’ils ne sont pas est dangereux. C'est la raison pour laquelle pierre Moscovici devrait aller plus loin. Et défendre, idée provocatrice, l'idée d'un bouclier fiscal pour les classes moyennes.

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