Ce matin, vous posez les trois questions économiques de l’après-Montebourg.

Oui, et la première est celle-ci : qui va regretter Arnaud Montebourg ? Le ministre du Redressement productif puis de l’Economie a été incontestablement une des vedettes des équipes Hollande depuis 2012. Une sorte de mélange inédit de volontarisme et de romantisme. Au-delà de ses partisans à gauche, dans les milieux économiques, il avait sans aucun doute l’appui d’un certain nombre de patrons de PME, qui vont donc le regretter. Le Made in France, une certaine forme de protectionnisme, l’euro fort mais aussi la promotion de filières industrielles, autant de combats et d’énergies qui ont séduit. Mais ce qui est vrai aussi est que personne n’a jamais douté que, pour lui, Arnaud Montebourg, la politique était beaucoup plus importante que l’économie et -au fond- qu’il ne faisait que « passer » dans ce secteur. Eh bien, cela a été encore plus rapide que prévu. Difficile aussi d’oublier qu’il a perdu trois grandes batailles : contre Mittal à Florange et contre les rachats de SFR par Patrick Drahi et d’Alstom par General Electric.

Deuxième question : la politique économique de François Hollande va-t-elle être clarifiée ?

C’est la lecture qui nous sera proposée. Et il y aura une grande partie de vrai. On le verra à la nouvelle équipe gouvernementale : les ministres en charge de l’économie défendront sûrement désormais la politique de réformes et de soutien aux entreprises et n’attaqueront pas l’Allemagne sur un ton qui interdit tout travail du couple franco-allemand censé diriger l’Europe – ce qui n’empêchera pas que le débat avec Berlin est nécessaire. Mais en réalité cette clarification, supposée faite depuis un an par François Hollande lui-même, n’est pas certaine. Parce qu’on peut craindre que la majorité soit ingouvernable. Certes, le Pacte de compétitivité est voté mais on verra le budget 2015. Le brouillard se lève sur la politique économique, mais il se renforce sur la politique tout court.

Troisième question : que pourrait faire le tandem Hollande-Valls à la tête d’une équipe ressoudée ?

Ce qu’il voudra faire – on le verra. Mais ce qu’il devrait peut-être essayer de faire, c’est d’accélérer le mouvement. Il a été hyper rapide pour prendre une décision politique extrêmement lourde hier ; pourquoi ne pas aller aussi vite, plus vite qu’aujourd’hui, sur les réformes économiques ? Le crédit d’impôt compétitivité annoncé en 2012 ne s’applique que depuis le printemps ; le pacte de responsabilité, ce sera 2015 ; le choc de simplification, on l’attend toujours ; tout ça, ça n’est pas possible ; l’action pour le logement a pour l’instant été catastrophique. Aller plus vite, cela permettrait de voir plus vite aussi si cela marche ou ne marche pas !

Pour finir, vous connaissez des milieux économiques qui ont poussé un ouf de soulagement hier.

Oui, pour l’anecdote, les professions règlementées. Sachez que Montebourg devait rencontrer aujourd’hui les notaires !

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