Le géant de l’Internet Airbnb a fait un geste hier pour se montrer bon citoyen sur le plan fiscal en France.

Oui, Airbnb, c’est la plate-forme de réservation qui permet à des particuliers de louer des appartements ou des maisons. Un propriétaire propose un logement et un vacancier va le louer. L’annonce, c’est donc que la plate-forme va collecter la taxe de séjour qui est due par les touristes pour chaque nuit à Paris et elle la reversera à la capitale. La mairie de Paris a immédiatement salué l’initiative qui va lui rapporter des millions ; d’autres villes vont suivre. Ça n’est pas anecdotique. Pourquoi ? Parce qu’il est intéressant qu’un géant américain comme Airbnb veuille apparaître comme un bon élève de l’Internet, à la différence d’Uber, le bad boy, le flibustier. Mais l’essentiel est ailleurs : c’est le succès incroyable en France d’Airbnb, au même titre que le français Blablacar, qui fait du covoiturage –y compris cet été. Si tous nos auditeurs n’ont pas utilisé ces deux services, beaucoup certainement connaissent des gens qui sont des adeptes. Si je faisais un sondage dans le studio, on verrait la percée de ces services qui changent l’économie. Rien qu’à Paris, Airbnb propose 50.000 logements, c’est la première ville au monde, et -écoutez bien-, l’entreprise assure avoir eu deux millions et demi de clients en France depuis janvier.

Qu’est-ce qui explique ce succès ?

La location de logements entre particuliers ou le covoiturage n’est pas nouvelle, pensez aux Gites de France ou au stop. Evidemment, Internet a changé la donne. Mais plus profondément, le succès fulgurant en France, au-delà de l’aspect prix, c’est je crois le désir d’une économie plus simple et notre talent, notre appétit, particuliers pour le système D, la débrouillardise. Naturellement, cela bouscule les acteurs traditionnels dont on comprend le désarroi : il y avait un dialogue difficile et instructif entre les professionnels lundi soir au Téléphone sonne, ici même. Le plus extraordinaire, c’est quoi ? C’est de mettre en parallèle la notoriété de ces deux marques -Blablacar et Airbnb-, qui n’ont aucun hôtel, aucune voiture, et le nombre de leurs salariés en France : 300 pour le premier, 25 pour le second. On n’a pas fini d’en parler.

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