Pour Emmanuel Macron, c'est le temps du bilan, avant celui – peut-être – du Rubicon.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Sébastien Bozon

Emmanuel Macron ne veut pas être oublié en cette rentrée qui s'annonce peu économique mais très sécuritaire et politique. Dans une interview accordée aux Echos (mon journal), il profite de son second anniversaire comme ministre de l'Economie à Bercy, qui tombe pile poil aujourd'hui 26 août, pour faire sa rentrée et dresser le bilan de son action. Mais voilà, est-ce un bilan avant la porte de sortie du gouvernement et l'entrée en campagnepour 2017 ou pas ? Il ne dit pas clairement et, en vérité, il donne l'impression d'hésiter à franchir le Rubicon – alors que la plupart de ses amis le poussent à larguer les amares depuis juin. On le comprend : quitter la position confortable de ministre important pour tomber dans la fosse aux lions des grands fauves de la politique n'est pas évident. Et cela peut être un saut dans le vide. Alors, sera-t-il ministre au mois de septembre ? Sans doute. Sera-t-il ministre en octobre ? On ne sait pas, peut-être, peut-être pas. Son pari reste le même, que François Hollande ne sera pas en mesure de se présenter, mais il rêve peut-être d'une séparation à l'amiable avec le président. Tout en gardant la possibilité de se rallier à lui in fine.

Sa façon de présenter son bilan n'est pas neutre.

Il met en avant les mesures les plus consensuelles, sans insiter trop sur les autres. Les lignes de cars low cost ? Quatre millions de voyageurs cette année, quarante fois plus qu'avant sa réforme. De fait, c'est impressionnant. Les tarifs des notaires ? En baisse. En fait, à peine. Les procédures prud'homales ? Plus rapides. En revanche, il est plus discret sur l'ouverture des magasins le dimanche, très combattue par la gauche et pas aboutie.

En tous cas, Emmanuel Macron a choisi son mot clé.

La marque qu'il veut incarner est celle, je le cite, du progressisme avec des idées venues de la gauche et de la droite. Sa proposition, ce sont des réformes parce qu'il n'y a plus d'autre moyen de trouver de la croissance maintenant que la politique monétaire de taux zéro a donné tout ce qu'elle a pu et que les comptes publics sont dans le rouge. Evidemment, il reproche en creux à François Hollande sa timidité. Au total, néanmoins, le sentiment qui domine en cette rentrée est que va arriver vite le moment pour lui d'inverser la formule du cardinal de Retz : on ne sort de l'ambiguïté qu'à son avantage.

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