Un accord a été conclu tard hier soir à Biarritz entre Paris et Washington sur l’avenir de la taxe Gafa. Nos informations.

Donald Trump et les GAFA
Donald Trump et les GAFA © Getty / SOPA Images

C’est un bel exemple des interactions entre raison politique et raison économique qui s’est joué à Biarritz. Il n’était pas prévu que le sujet soit abordé - l’Iran, l’Amazonie, le climat et le commerce sont tout de même des sujets plus importants !- mais la promulgation, le 11 juillet, de la taxe française de 3% sur le chiffre d’affaires des entreprises numériques surtout américaines a tellement énervé Donald Trump que cela risquait de « planter » le sommet. 

Appliquant la loi du Talion, le Président américain a menacé, juste avant de prendre l’avion pour la France, vendredi, de taxer à 100% les exportations de vins français aux Etats-Unis. Evidemment, panique dans le secteur viticole français, qui vend beaucoup de vin Outre-Atlantique. 

Emmanuel Macron, qui craignait un éclat américain, a demandé à Bruno Le Maire de trouver une solution d’urgence. Elle a, a priori, été trouvée hier soir tard après un dîner entre les ministres français et américain des finances, ainsi que le conseiller économique de Trump. 

Selon les informations que l’on peut donner ce matin, la taxe française restera en vigueur jusqu’à ce que les deux pays appliquent (en 2020/2021) un autre système de taxation des profits des entreprises numérisées sur lequel travaille l’OCDE, et si la future taxe est moins lourde que l’actuelle, les entreprises seront remboursées de la différence - c’est une nouveauté.

Est-ce un recul ou pas ? 

On saura ce matin si Trump donne son accord final à ce deal. Tout dépendra aussi et surtout du contenu de l’accord international sur la taxation des multinationales -qui ne concerne donc pas que la France. Mais au-delà de la technique, recul ou pas, c’est effectivement la question. Depuis le début, Paris dit que si on peut remplacer la taxe Gafa par un autre impôt plus intelligent, banco. Il n'y a donc pas de surprise de ce côté-là. 

-Politiquement, les Etats-Unis peuvent dire que leur colère a obligé la France à être souple, et à renoncer à une taxe spécifique sur les GAFA au profit d'une taxation plus large des bénéfices. Les GAFA ne seront pas les seuls concernés.

- Politiquement, de son côté, la France applique à court terme sa taxe Gafa.

Bref, Paris a mis en place un levier pour bouger les choses, Trump a répliqué, mais pour l’instant Paris n’a pas capitulé devant l’impérium américain, ne s'est pas "déculotté." 

Au-delà, une chose saute aux yeux : Google, Apple, Amazon, Facebook et les autres détestent Trump (et réciproquement) mais quand l’essentiel est en jeu, leurs profits, ils savent frapper à la porte de la Maison-Blanche et cette porte s’entrouvre.

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