Ce que l'on appris de l'épidémie et les progrès effectués permettent de restaurer la vie économique. Les pouvoirs publics ne doivent pas créer la panique.

L'arbitrage nécessaire entre les priorités sanitaires et économiques.
L'arbitrage nécessaire entre les priorités sanitaires et économiques. © Getty / Kseniya Ovchinnikova

Un nouvel arbitrage est nécessaire et possible entre les priorités sanitaire et économique. Car l'équilibre ne peut être le même qu’avant l’été. 

Avant l’été, la priorité a clairement été donnée à la protection de la santé et des vies, et c’était absolument inévitable et absolument indispensable.

Il y a eu des décès (plus de 30 000), il y a eu des vies épargnées (on ne sait pas combien), mais on peut dire que le bilan humain, en France, est meilleur (relativement à la population) qu’en Italie, qu'en Espagne, qu’au Royaume-Uni et qu’en Belgique, tout en étant moins bon qu’en Suisse et en Allemagne - pour prendre six de nos voisins. 

Mais le coût social et économique, lui, a été faramineux. Après l’été, maintenant en fait, il n’est plus possible de faire les mêmes sacrifices économiques, en clair de subordonner totalement l’économie au sanitaire. Et la bonne nouvelle, c’est que c’est possible. On traite mieux les malades, on peut mieux se protéger (on a les masques), on sait mieux ce qu’il faut faire. Dans quelques mois, il y aura un vaccin. 

Dès lors, l’enjeu pour les pouvoirs publics est de prendre des mesures ciblées (géographiques, sectorielles, de tests à volonté), mais tout autant de redonner confiance pour que les consommateurs (je sais c’est parfois  entendu comme un gros mot, mais cela ne l’est pas !) et les producteurs relancent la machine, donnent envie d’aller dans les magasins, pour que les salariés considèrent qu’ils peuvent aller travailler, pour que les parents renvoient leurs enfants à l’école, pour que tout le monde aille au cinéma et au théâtre.

Vous savez, c’est parfois une question de vocabulaire et d’expression : si les experts, au lieu de nous dire "protégez-vous avec des masques et du gel" nous disaient "avec du gel et des masques vous êtes protégés" (ce n'est pas tout à fait la même chose), ce serait déjà différent. 

Et en termes de politique économique, cela donne quoi ?

Classiquement, on raisonne en politique de l’offre (aider les entreprises) ou de demande (aider le pouvoir d’achat). Dans la crise actuelle, si singulière, il n’y a pas trop de problème de pouvoir d’achat : le revenu des Français a moins baissé que partout ailleurs. Ils ont même épargné 100 milliards d’euros. 

Quant aux problèmes d’entreprises au bord de la faillite, ils se concentrent sur quelques secteurs. Non, la priorité est pour l’Etat d’agir vite (sur les investissements) et de redonner aux Français du désir de vivre y compris économiquement. Le mot confiance est un poncif mais c’est la clé de la rentrée.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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