Les Echos publient ce matin le palmarès des rémunérations des patrons du CAC 40. Et il y a quelques surprises.

Il y a une surprise, mais avant, les grandes tendances ! Si on prend en compte les salaires fixes et les parts variables liées aux résultats, les revenus vont de 1,2 à 4,5 million d’euros pour 2010. Avec une moyenne à 2,5 millions. Difficile de faire une comparaison sur un an, certaines entreprises ont quitté le CAC, comme Lagardère, d’autres sont entrées. Mais la tendance est à la hausse : + 24%, parce que les entreprises vont mieux. Maintenant, la surprise. Le chèque le plus élevé va au patron de Michelin, Michel Rollier, inconnu du grand public, puis à Franck Riboud (Danone) puis à Bernard Arnault (LVMH). Pourquoi Michelin ? Parce que son patron est payé en bonus et que le résultat de Bibendum a été multiplié par... dix !

A noter que les patrons d’EADS (Louis Gallois) et de la Société Générale (Frédéric Oudéa), privés de bonus l’an dernier, y ont droit cette année. Dans le « bas » du classement, on trouve Vallourec, EDF et le Crédit Agricole.

Ces chiffres reflètent-ils toute la réalité des revenus ? Non et ils ne le prétendent pas. Ce sont les revenus on pourrait dire en "espèces". Mais il y a aussi le reste. En clair, les bonus différés, sous forme de titres, payés en actions ou en stock options. Cela peut être considérable, à condition de rappeler que c’est de la richesse virtuelle jusqu’à ce que les actions soient vendues. Il y a aussi les retraites-chapeau, très élevées. Certains patrons, encore, ont créé leur entreprise, donc se paient en dividendes. Enfin, Carlos Ghosn affiche un salaire de 1,2 millions, mais Nissan lui rapporte bien plus que Renault.

Tous ces chiffres vont ranimer le débat sur les salaires des patrons. Débat sans fin. Quel est le niveau légitime ? Le salaire d’un patron représente 150 fois le Smic. C’est énorme, incompréhensible pour l’opinion, sans qu’on s’arrache les patrons français dans le monde entier. Par comparaison, beaucoup de professions, des médecins, des enseignants, d’autres, qui ont des compétences très spécifiques, sont très mal payés. Que peut-on faire, enfin, avec autant d’argent même s’il y a des impôts ? Mais ces entreprises emploient deux millions de salariés et ont un chiffre d’affaires égal aux deux tiers du PIB français. Une bonne décision du patron vaut de l’or. Le salaire moyen des joueurs de la Ligue 1 est de 550.000 euros ; un bon PDG est plus important qu’un joueur de Lille ou d’Avignon ! Enfin, aux Etats-Unis, le PDG de Viacom (groupe média) a gagné 58 millions d’euros… Où commence la folie ? C’est la fiscalité qui doit trancher. La réalité est aussi que :

1- Les échecs doivent être sanctionnés. Ils ne le sont pas toujours.

2– Les actionnaires doivent savoir dire non. C’est ce qui vient d’arriver au patron de Hewlett Packard : l’Assemblée générale a dit niet à son salaire ! Une première. Le PS veut plafonner le salaire des patrons des entreprises sous contrôle d’Etat... à 400.000 euros environ. C’est le droit de l’Etat actionnaire et après tout, le patron de la SNCF gagne 250.000 euros.

Mais je lui souhaite bon courage pour expliquer aux patrons d’EDF, de GDF-Suez, d’Areva etc., qu’ils seront moins payés que des sportifs, des acteurs ou même certaines professions libérales !

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