Le treizième round de négociation du Traité commercial entre les Etats-Unis et l’Europe a démarré hier à New York. Les opinions publiques, en France comme en Allemagne, sont globalement très hostiles à ce Traité. La principale raison, c’est l’opacité. Cela fait maintenant trois ans que les citoyens en font le reproche aux négociateurs. Malgré les efforts de la Commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, qui publie désormais des comptes rendus après chaque rencontre, eh bien les peuples veulent plus de transparence et d’explications. Je veux bien entendre que pour gagner au poker il faut cacher son jeu, mais ce traité n’a rien d’une partie de cartes. Surtout, le secret – comme toujours - nourrit les fantasmes. Moins on en sait sur ce que demandent les Etats-Unis, et sur ce qu’exige l’Union européenne, plus on est fondé à imaginer le pire. Cela dit, nous ne sommes pas les seuls à nous méfier : si seulement 17% des Allemands sont pour le TTIP, aux Etats-Unis ses partisans ne représentent que 15% de la population.Donc il y a l’opacité, mais aussi la crainte que les droits des consommateurs et des salariés soient bafoués… Mais ces peurs ne sont pas fondées. Les Américains ne sont pas plus laxistes que nous, notamment sur les questions sanitaires. Mais il faut bien voir qu’une partie de l’opinion, en Europe, est par principe contre le développement du commerce international. Dans ce cas, qu’elle soit opaque ou transparente, toute initiative favorisant les échanges sera condamnée ! Je ne partage pas cette position : si le texte est équilibré, notamment pour faire converger les normes, ce sera très bénéfique pour les entreprises européennes, notamment pour les PME. Au lieu de respecter deux systèmes de précaution, elles devraient se conformer à un système unique qui conviendrait à tout le monde, de chaque côté de l’Atlantique. C’est tout à fait possible ! Alors bien sûr, quand les échanges sont facilités, les meilleurs ont plus à gagner que les moins compétitifs. Mais en dehors de quelques secteurs, nous n’avons pas à rougir de la qualité de nos entreprises. C’est pourquoi l’Europe n’a pas intérêt à faire capoter la négociation. Ni à la suspendre, car dans ce cas elle devrait la reprendre l’an prochain avec la nouvelle administration américaine. Et il n’est pas impossible qu’elle soit moins commode que l’administration Obama.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.