La France et l’Allemagne officialiseront aujourd’hui le projet d’avion de combat franco-allemand.

Les deux ministres de la Défense vont signer un accord on ne peut plus officiel au Salon aéronautique de Berlin. On en parlait depuis plusieurs mois au niveau politique, au niveau Merkel-Macron, mais la nouveauté est qu’une étape supplémentaire est franchie : la branche Défense d’Airbus et Dassault, jusqu'à maintenant concurrents, ont depuis hier un accord industriel pour dessiner et produire ce futur avion de combat, qui remplacera vers 2035-2040 le Rafale et ses concurrents l’Eurofighter et le Tornado. Le Rafale du français Dassault qui équipe l’armée française. L’Eurofighter et le Tornado produits par des  consortiums -dont Airbus- en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et en Italie, qui équipent notamment l’armée allemande. 

Mais avant la dimension industrielle du projet, il faut voir d’abord sa dimension historique. Français et Allemands veulent produire ensemble un avion de combat, trois générations après la fin de la seconde guerre mondiale. 

- Certes, depuis 2015, un groupe franco-allemand (KNDS) envisage un projet commun de char  et l’avion de transport A400M est déjà européen (une catastrophe d’ailleurs) 

- Mais les avions de chasse, c’est une autre dimension, ce sont des programmes de centaines de milliards d’euros pour des dizaines d’années. La relation franco-allemande est politique depuis 1963, sur le plan économique elle s’est concrétisée magistralement avec l’euro en 2002, désormais elle touche  au coeur du pouvoir régalien, la Défense. Ce qui au passage ne coule pas de source pour certains militaires, non pas pour des raisons historiques, mais parce qu’ils ont plus d’affinités avec leurs homologues américains et britanniques.

Et dans ce domaine, géopolitique et économie s’entrecroisent

L’armée de l’air allemande doit remplacer des avions anciens à partir de 2025, et elle ne pourra pas attendre le futur avion franco-allemand dix années de plus. Et devinez, Les Américains lui proposent d’ici là leurs F-35 de Lockheed Martin avec beaucoup d’insistance, et les généraux allemands sont plutôt acquis à cette solution parce que le F-35 est furtif et ultra-connecté. 

La décision à prendre n’est pas imminente mais Angela Merkel subit la pression de Donald Trump qui ne manque pas une occasion de critiquer les excédents commerciaux allemands. Elle sera justement reçue en coup de vent demain à la Maison-Blanche (trois heures, pas trois jours comme Macron). 

Mais un avion américain dans le ciel allemand alors que des plans d’un avion franco-allemand et peut-être un jour européen seraient dessinés en même temps, ce serait vécu comme une trahison à Paris.

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