des députés socialistes critiquent l'abandon d'une nouvelle taxe sur les entreprises
des députés socialistes critiquent l'abandon d'une nouvelle taxe sur les entreprises © reuters
L'édito éco est assuré cette semaine par[ Jean-Marc Vittori du journal Les Échos.](http://blogs.lesechos.fr/jean-marc-vittori/jean-marc-vittori-r81.html) Vous voulez nous parler aujourd’hui de la mauvaise santé des entreprises françaises. Avec un chiffre. Le taux de marge des entreprises [est tombé à 27,7% au troisième trimestre, comme l’a indiqué mardi l’Institut de la statistique. ](http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=16&sous_theme=8) Vous allez me répondre que ça ne vous dit pas grand-chose, et je pense que vous n’êtes pas le seul. Alors sachez que c’est le plus bas niveau observé depuis vingt-huit ans. En une génération, les entreprises n’ont jamais récupéré une aussi petite part du gâteau qu’elles créent avec leurs salariés et leurs fournisseurs. C’est une faiblesse majeure. **Les profits des entreprises françaises font à peine plus de 6% du PIB** , les allemandes et les italiennes un tiers de plus, les espagnoles et les américaines carrément deux fois plus. Pourtant, les entreprises françaises annoncent des profits impressionnants ! C’est vrai pour les sociétés du CAC40, l’indice vedette de la Bourse de Paris ; elles ont fait autour de 80 milliards d’euros de bénéfices cette année, +15% en un an. Mais si ces géants vont bien, c’est parce qu’ils font l’essentiel de leur activité et plus encore de leurs bénéfices à l’étranger. Des fleurons français comme **L’Oréal, Publicis, Schneider** ont à peine le dixième de leurs salariés et de leur chiffre d’affaires en France. Il faut absolument cesser de confondre la santé du CAC40, qui vient des efforts à l’international, et la santé des deux millions et demi d’entreprises françaises, hélas infiniment moins bonne. Au fond, pourquoi est-ce une mauvaise nouvelle ? Après tout, les marges servent à verser des dividendes aux actionnaires, qui ne sont pas les plus à plaindre…Les actionnaires sont bien sûr payés sur les marges, mais ils en récupèrent moins du quart. Le reste va à l’impôt sur les sociétés, aux amortissements du matériel et surtout à l’épargne qui permet d’investir. Des marges faibles, c’est des entreprises qui investissent trop peu. Ou qui sont obligés d’emprunter pour s’équiper, comme le font les entreprises françaises. Or une société très endettée est plus vulnérable, plus sensible aux aléas de la conjoncture, elle peut prendre moins de risques pour préparer l’avenir. **Comment faire alors pour remonter les marges ?** Juste trois pistes parmi d’autres. D’abord, fabriquer de meilleurs produits pour les vendre plus cher, comme le font les Allemands, mais c’est une stratégie de long terme. Ensuite, renforcer le dialogue social pour mieux organiser la production et modérer les salaires quand c’est nécessaire, quitte à avoir une contrepartie quand ça va mieux. Enfin, diminuer les cotisations sociales, qui pèsent un tiers plus lourd que dans le reste de l’Europe. D’où le CICE, le crédit d’impôt compétitivité créé l’an dernier. D’où aussi la mission de réflexion confiée la semaine dernière par Jean-Marc Ayrault au Haut Conseil du financement de la protection sociale sur la réduction du coût du travail. Si même un gouvernement socialiste admet qu’il y a ici un problème, on peut enfin espérer avancer là-dessus. ### Et aussi : [**► ► ►** Les comptes nationaux trimestriels, les statistiques données par l'INSEE cette semaine](http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=16&sous_theme=8) [Evolution des taux de marge des entreprises depuis 12 ans, aussi sur le site de l'INSEE](http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF08117) ## Les liens [Le blog de Jean-Marc Vittori](http://blogs.lesechos.fr/jean-marc-vittori/jean-marc-vittori-r81.html)
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