Par Etienne Lefebvre.

Les impôts versés par les entreprises semblent particulièrement dynamiques en cette fin d’année, tout comme les recettes de TVA. Faut-il s’attendre à une cagnotte fiscale ?  

On n'en est pas là, et vu le niveau du déficit, parler de cagnotte serait un peu fort de café. Mais force est de constater que les nouvelles sont bonnes. L’impôt sur les sociétés qui a été versé par les entreprises à la mi-décembre - il s’agit d’une échéance très importante - a été plus dynamique que prévu. C’est un signe de bonne santé financière pour les entreprises, et cela devrait conduire à une plus-value d’au moins 1 milliard pour l’Etat. D’autres impôts rentrent bien, comme la TVA ou encore les frais de notaire. Il n’y a jamais eu autant de ventes immobilières que cette année. Ça, c’est un bol d’air pour les communes. Quant aux cotisations sociales, elles accélèrent, parce que l’économie créé des emplois et que les salaires progressent. C’est tout bon pour la Sécurité sociale. Bref, la croissance aidant, le gouvernement est bien parti pour tenir son engagement d’un déficit inférieur à 3% cette année.   

Qu’en est-il de la surtaxe de 5 milliards d’euros qui avait été réclamée aux très grandes entreprises ? 

La date limite de paiement était fixée au 20 décembre. Hé bien figurez-vous que les recettes sont au rendez-vous quasiment à l’euro près. C’est le scénario idéal pour le gouvernement parce que souvenez-vous, cet impôt exceptionnel avait été voté en urgence pour compenser l’obligation faite à l’Etat de rembourser 10 milliards de taxe sur les dividendes des entreprises. Et le patronat suspectait Bercy de minorer les recettes attendues. Ce n’était donc pas le cas. Il n’y a pas eu non plus de moins-value. Dans cette affaire peu glorieuse, le gouvernement parvient finalement à limiter les dégâts. 

Est-ce que l’amélioration des comptes va changer la donne politiquement ? 

On y verra vraiment plus clair en mars, quand l’Insee publiera les comptes publics de 2017. Mais une chose est sûre, la pression financière devrait être moins forte cette année, ce qui évitera les coups de rabot impromptus, comme la baisse de 5 euros des APL l’été dernier. Pour autant, l’un des grands chantiers de 2018 sera la réforme de l’Etat. Emmanuel Macron, qui a promis 60 milliards d’économies, demande à ses ministres de se montrer disruptifs sur ces sujets sensibles, comme on a pu le voir avec l’audiovisuel public. Et ce n’est pas parce que les impôts rentrent bien que le chef de l’Etat devrait revoir ses ambitions à la baisse

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