Sous le bruit des grandes nouvelles macro-économiques, l’effervescence silencieuse des révolutions de l’économie réelle ... Expliquez-nous ça !

D’abord, remarquons que les jours se suivent et ne se ressemblent pas sur les grandes nouvelles -comme vous dites. Hier matin, on commentait ici même le moral très moyen, hélas, des chefs d’entreprise. Et hier après-midi, on a appris la baisse forte du chômage. Savourons, même si une hirondelle ne fait pas le printemps ! Et hier soir, Bruxelles a donné un sursis à Paris pour réduire son déficit public jusqu’en 2017 –en clair la présidentielle. C’est peu glorieux : la France est LE seul pays à être surveillé en dehors des pays sous plans de sauvetage ; mais voilà deux soulagements pour l’exécutif. Cela étant, ces jours-ci, on voit aussi que derrière ces sujets battus et rebattus, il y a dans ce pays des signaux positifs qui témoignent d’une soif d’innovation et de changements.

Vous pensez forcément à un exemple précis.

Oui, à une information qui sera annoncée ce matin. Vous connaissez Airbnb ? C’est la plate-forme Internet de location chez l’habitant ; vous voulez passer un week-end ou des vacances à Rome ou New York, vous réservez l’appartement d’un particulier comme vous, cela vous coûte moins cher qu’un hôtel. Le site prend une commission. Airbnb est né à San Francisco, c’est un succès planétaire et, donc, l’info, c’est que Paris est devenue sa première destination. C’est la ville au monde qui propose le plus d’annonces : 40.000 logements sur la capitale et la région parisienne. Devant New York, Londres et Rio de Janeiro. Plus encore : les parisiens sont ceux qui voyagent le plus via la plate-forme.

Quelle conclusion vous en tirez ?

Airbnb, tous nos auditeurs ne connaissent pas forcément. Mais cela veut dire que les Français ont une capacité étonnante à s’approprier des phénomènes nouveaux, nés de la révolution digitale. On peut citer aussi le succès d’Uber (le patron français était l’invité de Marion Lhour mardi). Celui de Booking.com, ce site de réservation d’hôtels sur Internet. Chaque trimestre, cinq millions d’internautes consultent Booking en France. Ou Le Boncoin. Ou Blablacar, le site de covoiturage. Cela veut dire que les Français modifient leurs rapports à la consommation. Qu’ils ont envie d’être des clients, mais aussi des créateurs de services, d’activités. Pas seulement pour améliorer leur pouvoir d’achat. On peut parler d’une ubérisation de la société, selon le mot de ma consoeur Sabine Delanglade. Mais c’est aussi une chance de renouveau, de révolution.

Cela étant, ce n’est pas facile pour tout le monde...

Non. Tous les métiers traditionnels stressent face à ce qui se passe – l’hôtellerie, l’automobile, la distribution, les banques bientôt. Et les élites politiques et économiques sont dépassées par ce monde qui change sous les coups de boutoir des jeunes inventeurs et des clients – notamment Français. Face à ce qui se passe, certains sujets de politique économique et sociale dont on parle tous les jours paraissent vraiment ringards.

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