Edouard Philippe va donc présenter aujourd’hui sa feuille de route sur la SNCF. Est-ce que sur ce sujet cela va tanguer ?

 Oui cela va tanguer, les syndicats l’ont annoncé, mais on ne sait pas avec quelle force. Chacun a en tête les grèves de 1995 qui avaient fait reculer Alain Juppé, et la réforme de la SNCF constitue le premier test social pour Emmanuel Macron, bien plus que les ordonnances travail. Son objectif est d’améliorer la situation financière du transport ferroviaire qui affiche un déficit annuel de l’ordre de 3 milliards par an, avec une dette énorme. 

Comment ? Le rapport Spinetta a proposé la fermeture des petites lignes, un changement du statut cheminot et un coup de frein sur la construction de nouvelles ligne de TGV. 

A partir de là, quels sont les arguments du pouvoir pour penser que cette fois une réforme est possible ? 

- Un : La SNCF n’est plus l’icône qu’elle a été, les pannes, les accidents, les retards ont terni son image auprès des Français. 

- Deuxième argument : la situation financière du ferroviaire qui fait qu’il y a des subventions publiques massives, c’est le sens du mot lâché par Macron samedi : on ne peut pas avoir d’un côté des agriculteurs sans retraite et de l’autre des cheminots ultra-protégés. 

- Trois : l’idée n’est pas de revoir le statut des agents de la RATP ou d’EDF mais celui de la SNCF parce que l’entreprise est à la ramasse. Nous ne sommes plus du tout en 1995, tous ces points sont exacts.

Et quels sont les risques ?

Le gouvernement devra avoir en tête des points d’attention. 

C’est vrai que les petites lignes coûtent cher : sur 32 % du réseau, il y a en moyenne moins de 30 passagers dans chaque train qui passe. Mais ce n’est pas possible d’avoir et des syndicats de cheminot et des élus locaux contre soi. Du coup, la logique politique voudrait  que le gouvernement écarte toute fermeture de ligne, refuse d'ouvrir ce chantier-là. On verra à 11 heures. 

Ensuite, les Français ne sont pas vraiment accros à l’idée de concurrence sur le rail. Il sera délicat d’expliquer la réforme avec cet argument-là. 

Enfin, les cheminots ne sont pas les principaux responsables des difficultés du ferroviaire. Oui, leur statut est coûteux, leurs départs en retraite possibles à 52 ou 57 ans après la réforme Sarkozy-Fillon sont incompréhensibles. Mais les principaux responsables sont les responsables politiques nationaux et locaux qui depuis des années n’ont fait aucun choix et ont refusé d’être courageux. Et ceux-là, qui les sanctionnera ?

   

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