Ce matin : le coup de pouce des marchés financiers à Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Christophe Ena / POOL

Ce coup de pouce, c’est la baisse des taux d’intérêt sur les marchés, qui permet aux Etats en général et à la France en particulier, de s’endetter à un coût faible comme jamais. On sait que cela aide ceux qui ont besoin d'un crédit pour acheter un logement, mais on sait moins que c’est en ce moment une grosse roue de secours pour le Budget de l’Etat. Bercy emprunte à 0,5% à dix ans, et en dessous de 0% à deux ans – cela veut dire que c’est le prêteur qui paie ! 

La cause, c’est la politique de la Banque Centrale Européenne, de la finance, bien plus amie qu’ennemie. 

La conséquence, selon une note de la Banque de France dénichée par mon confrère des Echos, Renaud Honoré, est que la charge de la dette dans le budget, qui a déjà diminué de dix milliards en dix ans, pourrait être encore allégée de dix milliards d'ici deux ans - exactement le montant lâché en décembre aux "gilets jaunes" ! 

Evidemment, le gouvernement ne le crie pas sur les toits parce qu’il craint comme la peste que l'on parle de cagnotte. On le comprend : l'actuel charge de la dette, 42 milliards d’euros, correspond au total des crédits des ministères du Logement, de la Culture, de la Justice et de la Solidarité – ce n’est pas rien.  

Mais ce phénomène de taux bas a ouvert un débat économique. 

Faut-il profiter de ce crédit presque zéro pour s’endetter ? On entend beaucoup que c’est le moment ou jamais d’investir dans la transition énergétique, ou la fibre optique pour tous, ou l’éducation, ou autre chose. C’est l’ex-économiste en chef du FMI, le Français Olivier Blanchard, qui défend cette idée. 

Alors ? C’est tentant. En même temps, il faut être prudent parce qu’on ne sait pas si les taux vont rester bas mais qu’en revanche on sait que la France trouve toujours des ruses pour ne pas gérer sérieusement son budget. Aujourd'hui, elle emprunte et affiche un gros déficit non pas pour investir mais pour simplement financer ses dépenses courantes, ordinaires, de tous les jours. 

Bref, si on était certain que l’Etat s’endettait à coût nul pour préparer l’avenir, ce serait une bonne idée. Mais la vérité est qu’on ne peut pas lui faire confiance sur ce coup-là. Il a trop menti par le passé.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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