La Cour des comptes ne se veut plus seulement un Père fouettard. Elle souligne que les trois quarts de ses recommandations sont suivies d'effet. Une façon de lutter contre le pessimisme généralisé et les démagogues.

La Cour des Comptes
La Cour des Comptes © AFP / Ludovic MARIN

Le rapport annuel publié hier comporte, sur 537 pages, son lot habituel de critiques d’un certain nombre de politiques publiques et de dysfonctionnements financiers et administratifs : il y a les surcoûts de l’école Polytechnique, la catastrophe du logiciel de paie de l’Education nationale, la complexité des aides aux logement etc. 

Mais, nouveauté intéressante je crois : la Cour des comptes met aussi en avant les progrès et les efforts effectués pour corriger ce qui ne fonctionne pas dans la sphère publique au sens large. 

Ainsi, il y a un hommage aux gestionnaires des retraites complémentaires Agirc-Arrco qui ont tenu compte des reproches formulés il y a quelques années (pas assez, mais quand même), et ce n’est pas le seul exemple. Au total, apprend-on avec surprise, les trois quarts des recommandations des magistrats des comptes sont suivies d’effet

Alors pourquoi le dire ?

Pourquoi cette nouveauté, à laquelle tenait la rapporteure générale Michèle Pappalardo (au passage c'est un des noms qui circulent pour diriger la Cour, avec ceux de Nicole Belloubet et de Pierre Moscovici) ? 

Parce que la Cour a pris conscience qu’un certain nombre de Français sont persuadés que tout va mal, que tout dérape tout le temps, qu’aucun effort n’est jamais fait, bref que l’Etat c’est gabegie, prébendes et compagnie. Elle a noté que dans les réunions du Grand débat de 2019, ses critiques étaient souvent reprises et qu’elles imprimaient au fond l’idée (pour le dire vite) que tout est pourri. 

On a déjà évoqué ici la décision de l’Insee de répondre pied à pied à ceux qui accusent les statistiques officielles d’être mensongères ; la démarche de la Cour des comptes est la même : s’inquiéter de la dérive d’un débat public toujours négatif et véhiculant des données fausses. C’est une initiative utile. Oui, dans l’Etat, il y a des choses qui marchent et fonctionnent bien. 

Bon, cela dit … Cela dit, la Cour n’est pas tendre avec la politique du gouvernement sur les finances publiques. Je la cite : le redressement des finances publiques est aujourd’hui quasiment à l’arrêt. Bigre. De fait, la France a presque la situation la plus dégradée de la zone euro. Emmanuel Macron, c’est vrai, a dû ouvrir en urgence le robinet financier pour éteindre l’incendie des "gilets jaunes". 

Ce tacle de la Cour des comptes rassurera tous ceux qui dénoncent bizarrement l’austérité mais cela devrait inquiéter ceux pour qui on ne peut pas éternellement mordre la ligne blanche.

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