**Evidemment, vous revenez sur l’intervention de Nicolas Sarkozy hier soir... Alors, pour vous, a-t-on appris quelque chose ?Appris, non ! On a eu des explications, mais des annonces, non… Le but, disait avant l’émission un proche de Nicolas Sarkozy, c’est d’avoir, jusqu’en mars, une « séquence : tout est amour ». En fait d’amour, les échanges ont été parfois rudes mais l’idée était de « baisser » le bruit sur les sujets difficiles comme l’affaire Proglio, considérés comme intéressant les journalistes et pas les « vrais » Français. Je m’arrête là sur le côté politique pour relever deux éléments. Le plateau était un condensé de situations difficiles, pas de la situation économique moyenne en France, moins dramatique que cela. Deux, l’émission a permis une annonce en creux : le président a évoqué peu de réformes à venir, il reste essentiellement celle des retraites d’ici 2012 avec peut-être celle de la dépendance. Il y aura donc un gros changement de rythme par rapport à ce qu’on a connu. Cela étant, trois sujets méritent qu’on s’y arrête : et d’abord EDF.Nicolas Sarkozy a clairement défendu Henri Proglio… en lui donnant quelques mois pour lâcher la double casquette EDF-Veolia. Il y a un doute quand Nicolas Sarkozy assure qu’il n’y aura aucun conflit d’intérêt entre les deux fonctions, surtout pour négocier un rapprochement si rapprochement il devait y avoir. Mais ce côté CDD de la double casquette devrait calmer les choses. Le plus frappant est que les syndicats, chez Veolia comme chez EDF, ne protestent pas du tout contre cette situation. En réalité, l’essentiel est ailleurs : La vraie sortie de crise pour Henri Proglio aura lieu quand il pourra annoncer un succès pour EDF. Deuxième point : le chômage va baisser…… « dans les semaines ou les mois qui viennent ». Comme cette phrase a été prononcée deux jours avant la tombée des chiffres, demain, de décembre, on se dit que l’Elysée s’attend ou sait qu’ils ne seront pas mauvais. Nous verrons bien. Le pari sur les mois qui viennent est plus audacieux parce que l’Insee estimait mi-décembre que le taux de chômage dépasserait le taux de 10% fin juin, pour la première fois depuis 1993. Là où Nicolas Sarkozy dit vrai, c’est que les nouvelles ont été moins noires que prévu jusqu’à maintenant. Enfin, la réforme des retraites est confirmée…Mais pour le détail, il faudra attendre. Il y a eu juste des petites piques pour Edouard Balladur, l’auteur de la réforme de 1993, et François Fillon, pour celle de 2003, puisque Nicolas Sarkozy a indiqué que la sienne aurait plus d’ampleur. On notera quand même qu’il a davantage parlé de l’allongement de la durée de cotisation que de remonter l’âge légal de départ, les 60 ans. Mais dans ce cas là, ce ne serait pas une lourde réforme avec des effets rapides sur les comptes. Comme il n’y a pas de calendrier, on peut s’attendre à ce que le sujet dure de longs mois. Est-ce une bonne idée ? Ce n’est pas sûr. Est-ce que le cap est maintenant fixé ?L’agenda oui ; le cap c’est moins clair. Et pas seulement parce qu’il n’a pas été assez question des comptes publics et trop à mon avis d’un patriotisme industriel dont les limites sont évidentes. Nicolas Sarkozy, manifestement, reste discret ou ne connaît pas encore l’angle – le bilan, le projet - par lequel il va attaquer 2012. Mais cela, c’est peut-être une demande de journaliste !**

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