Les résultats de la consommation en 2010 ont été publiés hier –et notamment ce qui concerne l’automobile.

Selon l’Insee, la consommation (en produits manufacturés) a progressé de 1% en volume l’an dernier. Ce qui veut dire que si les Français n’ont pas le moral, ils se ruent dans les magasins quand même ! Mais le plus intéressant à regarder est du côté de la consommation –si on peut dire– de voitures neuves. Les statistiques montrent une chose assez étrange si on la met en perspective : acheter une automobile n’appartient pas du tout au passé ! Je m’explique : il y a deux-trois ans, quand le prix de l’essence avait atteint des records et qu’on parlait beaucoup de l’environnement, la mode était que la page du “tout-auto” allait être tournée. Trop chère, trop polluante, pas tendance.

Début 2011, il faut se rendre à l’évidence : le marché joue au yo-yo mais les ventes restent fortes. Près de 2,7 millions de véhicules légers neufs (particuliers et entreprises) ont été immatriculés en France en 2010 comme en 2009. Cela n’est pas rien (sur les 37 millions de voitures en circulation), et c’est surtout plus que toutes les années précédentes. D’où une (grave) question : a-t-on dit beaucoup de bêtises ?

Mais si on tient compte de la prime à la casse, on n’a peut-être pas dit tant de bêtises que ça ! C’est vrai… La prime à la casse a perturbé les courbes de ventes. Elle a donné un coup de pouce aux constructeurs pendant la crise. Mais elle provoque des virages dangereux en sortie de crise. Fin 2009 puis fin 2010, il y a eu un rush dans les concessions pour en profiter. Et du coup, l’avenir proche est plus incertain. Pourquoi ? Parce que le remplacement d’une voiture qui était initialement prévu en 2011- 2012 a souvent été avancé. C’est ce qu’on appelle un achat d’anticipation. Conclusion : 2011 va être dur pour les constructeurs et peut-être même 2012 et 2013 pour absorber ces ventes faites trop tôt. Les constructeurs s’attendent donc à une baisse de 10% des ventes cette année. Un vrai coup d’accordéon.

Que conclure : les Français aiment-ils encore ou moins les voitures ? Disons qu’ils souhaitent dépenser moins et peut-être différemment mais qu’ils en ont encore besoin. Besoin pour se déplacer – les analyses sur la désaffection pour la voiture concernent plus les grandes villes bien dotées en transports en commun que les zones moyennement ou pas urbaines. Besoin affectif aussi pour certains : les grosses voitures se vendent bien, voire très bien. Aux Etats-Unis, par exemple, les ventes de 4x4 repartent à fond de train.

Mais une partie de la population considère :

1- que la valeur sociale de la voiture a baissé. Schématiquement, le symbole de la liberté est passé de la voiture au téléphone portable

2– que le budget pour l’achat d’une voiture neuve doit baisser. Là où le gros de la demande tournait autour de 15-20.000 euros il y a dix ans, il est plus proche de 8-12.000 euros aujourd’hui. C’est un problème ? La difficulté est que ces voitures à ces prix-là ne sont plus fabriquées en France. C’est la différence avec les Allemands, qui achètent des voitures allemandes fabriquées ou assemblées en Allemagne. Voilà pourquoi ces bons chiffres de vente 2010 cachent peut-être un problème pour l’environnement (diront les écologistes) mais aussi pour l’économie.

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