Vous revenez sur les chiffres du chômage publiés hier soir : il faudrait plus de flexibilité à … Pôle emploi.

D’abord, deux observations sur les données qui ont été largement évoquées sur cette antenne, et qui sont mauvaises. L’attention, comme toujours, a été portée au solde entre les entrées et les sorties (+ 30.000 en décembre, + 150.000 sur un an). C’est normal. Pourtant, le chiffre qui témoigne à la fois de la gangrène sociale qu’est le chômage et de la vitalité malgré tout de l’économie, c’est le nombre de personnes qui, chaque mois, perdent leur emploi et le nombre de celles qui en retrouvent un : dans les deux cas, environ 500.000. Cela donne une idée du nombre de familles concernées. A ce sujet, on peut d’ailleurs aussi relever que la courbe des nouvelles inscriptions grimpe finalement peu actuellement, mais que celle des sorties baisse. Traduction : les entreprises ne licencient pas comme en 2008, mais elles n’embauchent pas non plus. C’est l’incertitude et la peur qui paralysent. Voilà pour les observations.

Venons-en à la flexibilité à Pôle emploi…

Il ne s’agit pas de l’organisation du travail des agents - encore que. Il s’agit d’une bizarrerie qui fait que les moyens de l’organisme public se révèlent très rigides face aux évolutions du chômage, à la hausse comme à la baisse. Infiniment plus que chez nos voisins. Pendant la crise de 2008-2009, les Job centers britanniques ont recruté 16.000 agents supplémentaires pour accompagner les chômeurs ; en Allemagne, la Bundesagentur fûr arbeit a gonflé ses effectifs de 8.000 personnes. La hausse a été deux fois moindre à Pôle emploi, et 1.000 embauches ont été annoncées il y a quelques jours après une baisse des effectifs équivalente il y quelques mois. Or, avoir quasiment autant d’agents à deux ou trois millions de chômeurs défie le bon sens. En fait, ce n’est pas seulement un problème d’argent. Pôle emploi n’a pas le droit d’avoir plus de 5% de son personnel en CDD, alors que leur proportion tourne autour de 20% chez nos voisins

Pôle emploi devrait, plus largement, avoir davantage d’agents ?

On peut le penser – c’est un cas rare d’ailleurs : plus d’emplois, mais aussi plus de souplesse. Si on prend l’ensemble des moyens humains mis à la disposition des services publics de l’emploi (en France : Pôle emploi, les missions locales, les maisons de l’emploi), l’Allemagne et le Royaume-Uni sont mieux dotés. A Berlin, on compte 150 conseillers pour 10.000 chômeurs pour l’accompagnement ; à Londres 113 ; et à Paris 71. C’est une analyse de l’Inspection générale des finances de Bercy qui l’a dit il y a quelques mois. Inspection alors dirigée par Jean Bassères, aujourd’hui … patron de Pôle emploi.

Quelle conclusion ?

Pôle emploi est un résumé - certes inattendu - de la rigidité et des blocages parfois aberrants du marché du travail en France.

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