La Cour des comptes a rendu hier son rapport sur l’État-actionnaire : selon lui, l’État gère (mal) les 1800 entreprises dans lesquelles il a une participation.

Carlos Ghosn (à gauche), le PDG de Renault, se serre la main avec Emmanuel Macron, alors ministre français de l'Economie, lors de l'inauguration d'une nouvelle usine de production le 30 septembre 2014 à Sandouville.
Carlos Ghosn (à gauche), le PDG de Renault, se serre la main avec Emmanuel Macron, alors ministre français de l'Economie, lors de l'inauguration d'une nouvelle usine de production le 30 septembre 2014 à Sandouville. © AFP / Charly Triballeau

Ces entreprises, SNCF, EDF, etc., emploient un salarié sur six en France hors fonction publique, un quasi-record dans l’OCDE. Mais ce qui est intéressant, c’est le cas Renault. L’État possède près de 20 % du capital du constructeur automobile et il y a eu un bras de fer très violent, en 2015, entre Emmanuel Macron, ministre des Finances à l’époque, et l’entreprise Renault dirigée par Carlos Ghosn.

Le ministre voulait s’assurer une minorité de blocage chez le constructeur et a fait acheter 5 % du capital par surprise, sans avertir ni Renault ni Nissan, Nissan qui est contrôlé par Renault mais qui est plus gros que Renault. Nissan a été furieux de voir l’État français monter indirectement et sans prévenir à son capital. Bref, cela dure quelques mois, cela finit par un armistice. Mais cela laisse des traces.

La Cour des comptes, sans jamais écrire le nom d’Emmanuel Macron, juge que cette guerre n’a pas été utile et a été même contre-productive puisque, in fine, l’État ne pèse pas davantage pour influer sur l’avenir de l’alliance Renault-Nissan dont la gouvernance est jugée, je la cite, « discutable ». Ce qu’elle sous-entend, c’est que le ministre a cherché à faire sa pub en attaquant un Carlos Ghosn dont la rémunération passe mal dans l’opinion publique. Je résume : la Cour lui reproche discrètement d’avoir agi comme un banquier d’affaires mais sans obtenir de résultat à la fin !

Et l’affaire n’est pas finie… Renault répond sans langue de bois en annexe du rapport de la Cour des comptes et critique sévèrement Bercy, en reprochant à l’État d’être en conflit d’intérêts puisqu’il détient également 14 % du groupe automobile concurrent PSA. C’est assez inhabituel. Enfin, comme la tradition le veut, le Premier ministre répond aussi par écrit à la Cour des comptes. Je n’étonnerai personne en vous disant que Manuel Valls n’a pas un mot pour défendre Emmanuel Macron sur ce dossier.

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