Le Festival de la bande dessinée se tient actuellement à Angoulême. Un secteur économique en forme.

Oui, le marché de la BD va bien, et c’est intéressant à plusieurs titres. En 2017, il s’est vendu 43 millions d’albums en France, une progression de 9% en volume, alors que la pente a été légèrement négative pour les livres. Pourquoi ce succès ? 

- Parce que la BD est bien un marché d’offre et pas seulement de demande et l’offre est abondante et de qualité -ce sont de beaux produits. Il ne faut pas imaginer que seules les locomotives comme Astérix ou Titeuf tiennent le marché, même si Astérix et la Transitalique s’est écoulé à 1,6 million d’exemplaires. Au total, 5.000 albums sont proposés chaque année, contre 1.000 il y a quinze ans : c’est énorme ! 

- 2ème raison du succès : la BD est sortie depuis longtemps des seuls rayons jeunesse et il y a en a pour tous les goûts. Le Japon et ses mangas sont cette année les héros d’Angoulême mais il y aussi des BD politiques (n’est-ce pas Thomas Legrand), des récits historiques, sociaux, futuristes etc. 

- Dernière clé : les auteurs de BD, contrairement aux auteurs de littérature, ne meurent pas. Lucky Luke et Astérix continuent de vivre après la mort de leurs créateurs. C'est efficace.

Voilà pour les raisons du succès.

Cette abondance a un effet vertueux mais aussi une conséquence plus difficile

Le cercle vertueux, c’est que ce succès de la BD pousse les libraires à lui ouvrir davantage leurs portes. Dans les vitrines, on trouve des albums aussi différents que la trilogie de Riad Sattouf (l’arabe du futur), les chroniques urbaines de Guy Delisle, Ainsi soit Benoîte Groult de Catel, mais aussi la face crashée de Marine Le Pen. 

Mais cette profusion a une conséquence spécifique à la BD. Dessiner un album prend techniquement longtemps et c’est moins facilement un second métier que pour un auteur d’essai voire de roman. En vivre est par conséquent difficile. 

Mais au total, tout cela prouve que l’histoire n’est jamais écrite d’avance. La télévision n’a pas tué la radio. Internet n’a tué ni le cinéma ni les livres. Les vidéos n’ont pas tué la bande dessinée - même si on pourrait se disputer longtemps sur le fait qu’une BD se lit plus vite qu’un roman de 350 pages et que cela correspond peut-être à l’époque. Au total, l'écrit bouge encore, etil bouge bien. 

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