Le confinement n’est pas décidé, mais en coulisses ses modalités économiques sont déjà discutées : les professionnels et Bercy plaident la cause de commerces restant ouvert.

une étude de l’Institut Pasteur a montré que les boutiques ne sont pas les lieux où la contamination est la plus forte.
une étude de l’Institut Pasteur a montré que les boutiques ne sont pas les lieux où la contamination est la plus forte. © Getty

On l’a appris hier, Emmanuel Macron ne prendra pas la parole cette semaine pour annoncer aux Français un troisième confinement. Il n’a du tout apprécié que les médecins fassent autant pression sur lui et veut être sûr que toutes les autres solutions auront été tentées. 

On verra qui a raison, mais en coulisses les réflexions sur les modalités de cet éventuel reconfinement avancent. Notamment sur un sujet, économique : l’ouverture des commerces. Le ministre en charge des PME, Alain Griset, discute avec le petit commerce qui ne veut pas, cette fois, baisser le rideau, et avec les grandes surfaces, qui ne veulent pas fermer des rayons non essentiels – vous vous souvenez de cette situation ridicule. 

Aujourd’hui, les quincailliers, les magasins de vêtements ou de chaussures ont des arguments. 

  • 1/ une étude de l’Institut Pasteur a montré que les boutiques ne sont pas les lieux où la contamination est la plus forte.  
  • 2/ du point de vue économique, la Banque de France a calculé que le "coût" pour l’économie de la fermeture des commerces non alimentaires est de l’ordre de quatre points de PIB. 

Plusieurs idées simples sont sur la table

Les salons de coiffure fonctionneraient, par exemple, sur rendez-vous. D’autres commerces devraient revoir leur jauge à la hausse, c’est-à-dire accepter moins de clients à la fois, et peut-gérer les flux par SMS. 

Mais l’idée novatrice par rapport à ce que l’on a connu lors des deux premiers confinements consisterait à laisser deux heures par jour à chaque Français pour faire ses achats. Sur attestation. "Attestation" - le mot nous fait tous frémir et le gouvernement sait parfaitement que l’acceptabilité sociale du confinement sera plus difficile qu’entre mars et mai et novembre et décembre, notamment pour les déplacements. 

Mais c’est un arbitrage avec le sanitaire aussi.  

Mais les commerces veulent-ils tous rester ouverts ? 

Par principe oui, ils veulent travailler, comme la totalité des Français et les indépendants on le sait plus encore que les autres. Mais les fédérations professionnelles savent aussi que des Français confinés vont moins aller acheter dans leurs magasins des vêtements et des canapés-lits, même s’ils restent ouverts. Du coup, la question de nouvelles aides à mettre en place est déjà dans tous les esprits. 

Bref, le quoi qu’il en coûte montre déjà le bout de son nez en 2021.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter