L’entrée en service de la centrale nucléaire de Flamanville vient d’être à nouveau repoussée d’un an. Quelles sont les conséquences pour EDF ?

Il n’y a pas de quoi pavoiser. On arrive à sept ans de retard sur le calendrier initial. Il faut reprendre des soudures mal faites, pour une facture de 400 millions d’euros.  Le coût de construction de la centrale nichée dans le Cotentin, en face de Guernesey, frôle maintenant les 11 milliards. Pour mémoire, il y a vingt ans, le projet a été lancé avec un budget de 3 milliards d’euros. Mais cette nouvelle péripétie du chantier est tout à fait gérable pour EDF. 400 millions, on estime que c’est grosso modo le produit d’une année d’exploitation supplémentaire de Fessenheim. Or en cas de retard de Flamanville, EDF peut compenser en décalant la fermeture de la centrale alsacienne. C’est le deal passé avec le gouvernement il y a trois ans.

Retarder la fermeture d’une centrale nucléaire vieille de plus de 40 ans, c’est tout de même problématique…

En effet, à ce rythme, ça va prendre du temps pour ramener la part du nucléaire de 75% à 50% de la production d’énergie en France, ce qui est l’objectif officiel du gouvernement. Mais ça tombe bien, la date-butoir de 2025 a disparu des agenda. Maintenant, est-ce que c’est mal ? Est-ce qu’il faut se dépêcher de se désintoxiquer de l’atome et de faire le ménage dans nos 58 centrales ?

C’est bien sûr une affaire de convictions. Mais la nécessité d’une transition mérite aussi d’être regardée sous l’angle économique. Partout dans le monde, les investissements dans de nouveaux réacteurs ralentissent de façon spectaculaire : 9 milliards de dollars seulement en 2017, en chute de 70%.

En parallèle, les énergies renouvelables ont attiré 270 milliards de dollars de capitaux en 2017. Bien sûr, on ne pourra pas tout motoriser et chauffer au soleil et au vent. Mais viendra un moment où ces technologies deviendront vraiment intéressantes par rapport au nucléaire, quand il faudra remplacer les vieilles centrales à grands frais.

Il faut s’y préparer. Moins dépendre de l’uranium. Jouer un peu plus avec l’eau, le soleil et le vent. En quelque sorte, s’offrir des vacances de l’atome.

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